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Dapaong paralysée : RN24 et rue des Femmes laissées à l’abandon malgré un financement de 2,2 milliards FCFA

Dapaong paralysée : RN24 et rue des Femmes laissées à l’abandon malgré un financement de 2,2 milliards FCFA

À Dapaong, chaque pas est devenu un risque. Depuis novembre 2024, la pénétrante de la RN24 et la rue des Femmes, financées à plus de 2,2 milliards FCFA, sont laissées à l’abandon. Caniveaux béants, mares stagnantes, boue collante et moustiques en abondance : les habitants pataugent au milieu d’un chantier transformé en piège mortel. Les enfants jouent au bord des flaques infestées, les entrées des maisons sont impraticables, et chaque sortie est une épreuve.

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Depuis novembre 2024, silence total. Les engins ont disparu. Les travaux sont abandonnés, laissant les habitants dans la boue et au bord du danger. Caniveaux béants, mares stagnantes, moustiques en abondance… chaque pas devient un risque pour les riverains, et surtout pour les enfants. « On nous a promis une route, on nous a laissé un piège », confie un habitant, résumant la colère et la désolation de tout un quartier.

Les caniveaux ouverts sont devenus des mares stagnantes, favorisant la prolifération de moustiques et d’autres risques sanitaires. Les habitants sont contraints d’emprunter des passages improvisés, faits de planches ou de ferrailles tordues, qui exposent surtout les enfants à de dangers permanents. « On nous a promis une route, on nous a laissé un piège », confie un riverain, résumant la frustration générale de la population.

Financement bouclé, travaux paralysés : la responsabilité de l’État

Le chantier, confié à l’entreprise ECI, devait durer huit mois et transformer durablement la zone. Pourtant, aucun décompte n’a été payé, malgré la disponibilité annoncée des fonds. La conséquence : les engins ont disparu, les travaux sont suspendus et les promesses initiales sont restées lettres mortes.

Ce cas à Dapaong reflète un phénomène récurrent sur tout le territoire togolais. De Lomé à Cinkassé, en passant par Sokodé, Kara ou Mango, de nombreux chantiers publics – routes, ponts, marchés, bâtiments administratifs sont laissés à l’abandon après des lancements spectaculaires. Les causes sont souvent les mêmes : retards de paiement, conflits entre maîtres d’ouvrage et entreprises, ou malfaçons.

Le résultat est un gaspillage des fonds publics, des infrastructures à moitié construites qui se dégradent rapidement, et surtout une population désabusée par les promesses non tenues.

Des riverains ignorés et exposés aux risques

Pour les habitants de Konkouaré, le problème dépasse la simple route laissée inachevée. C’est le sentiment d’être ignorés qui domine. Le 27 juillet dernier, lors d’une visite à Pya, Pascal Bodjona, proche du président Faure Gnassingbé, avait déclaré : « Les chiens qui aboient ne font pas rugir le lion ». Cette phrase résonne douloureusement à Dapaong, où les plaintes et pétitions des riverains sont restées sans écho.

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Les conséquences sont immédiates et multiples : passages dangereux, risques sanitaires accrus, difficultés d’accès aux habitations et perturbation de la vie quotidienne. Les habitants vivent désormais avec la résignation forcée, convaincus que leurs voix ne seront pas entendues et que le développement promis ne se matérialisera peut-être jamais.

Un projet symbolique d’un malaise national

Le chantier de la RN24 et de la rue des Femmes illustre un problème plus large : l’écart entre les promesses publiques et la réalité de l’exécution. Les annonces spectaculaires des projets de développement contrastent avec leur suivi inexistant, exposant la population à des risques sécuritaires et sanitaires.

À Dapaong, comme dans de nombreuses localités du Togo, ce type de situation nourrit un climat de méfiance et de frustration vis-à-vis des autorités. Les fonds existent, les projets sont planifiés, mais leur mise en œuvre effective reste suspendue, transformant les promesses en mirages pour les citoyens.

Vers une responsabilité assumée ?

Les Togolais attendent désormais que les autorités assument leur responsabilité, accélèrent les paiements aux entreprises et reprennent les travaux afin de sécuriser les zones concernées. La population aspire à voir concrétisé le développement promis, au lieu de survivre au milieu de chantiers abandonnés.

François Bangane, témoin et observateur du phénomène, souligne que la résilience des habitants est mise à rude épreuve, et que le développement durable au Togo passe nécessairement par une gestion efficace et sérieuse des fonds publics et des infrastructures.

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