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Coup de tonnerre à Madagascar : le colonel Michael Randrianirina prend le pouvoir !

Coup de tonnerre à Madagascar : le colonel Michael Randrianirina prend le pouvoir !

La scène politique malgache a connu un bouleversement majeur en ce mois d’octobre. Michael Randrianirina, colonel et ancien gouverneur régional, a été désigné par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) pour assurer les fonctions de chef de l’État, à la suite de la constatation de la vacance du pouvoir. En quelques jours, cet officier jusque-là peu connu du grand public est devenu l’homme fort d’une transition politique délicate dans un pays où l’armée joue, depuis l’indépendance, un rôle déterminant dans les moments de crise.

Âgé de 51 ans, originaire de la région d’Androy, dans l’extrême-sud du pays, Michael Randrianirina s’est distingué par ses prises de position critiques à l’égard du régime d’Andry Rajoelina. Son visage est apparu pour la première fois aux yeux de nombreux Malgaches le 11 octobre, lorsqu’il a lancé un appel inédit aux forces de sécurité pour qu’elles refusent de tirer sur les manifestants.

Un parcours marqué par l’armée et la gouvernance locale

Avant de s’imposer sur la scène nationale, le colonel Randrianirina avait déjà un parcours bien ancré dans les institutions malgaches. Après avoir dirigé le bataillon d’infanterie de Tuléar, dans la région de l’Atsimo Andrefana, il est nommé gouverneur de la région d’Androy entre 2016 et 2018. Ce poste lui donne une première visibilité dans le sud du pays, où il reste populaire auprès d’une partie de la population.

Mais ses critiques répétées contre le régime en place lui valent des ennuis judiciaires. En novembre 2023, il est arrêté et incarcéré à la prison de Tsihafay pour « incitation à la mutinerie militaire en vue d’un coup d’État ». Libéré en février 2024, il est condamné à un an de prison avec sursis pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Cette condamnation ne freine pas son engagement politique : au contraire, elle renforce son image d’opposant déterminé à dénoncer les dérives du pouvoir.

Une prise de parole décisive qui précipite la chute du régime Rajoelina

Le tournant s’opère le samedi 11 octobre. Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, le colonel Randrianirina appelle ses « frères d’armes » à désobéir aux ordres de répression violente contre les manifestants. Ce message, rare dans l’histoire militaire récente de Madagascar, galvanise une partie de la population et accélère l’effondrement du régime.

Trois jours plus tard, le 14 octobre, il apparaît devant la presse : « Face au piétinement continu de la Constitution, au bafouement des droits de l’homme, au gaspillage des trésors de la nation et en accord avec les revendications des jeunes soutenues sur toute l’île, nous annonçons la suspension de la Constitution et nous prenons le pouvoir », déclare-t-il. Cette annonce marque officiellement le début d’une nouvelle période de transition politique sur la Grande Île.

Une légitimité encore à construire sur la scène nationale et internationale

Malgré cette prise de pouvoir spectaculaire, le nouvel exécutif doit encore convaincre de sa légalité. Des discussions ont immédiatement été engagées entre la Haute Cour Constitutionnelle et le colonel Randrianirina afin de clarifier la base juridique de cette transition. L’enjeu est crucial : Madagascar dépend fortement de l’aide internationale et de plusieurs financements multilatéraux. Si la communauté internationale considère cette prise de pouvoir comme un coup d’État, le pays risque de perdre des soutiens financiers indispensables à son développement.

Le colonel Randrianirina a d’ailleurs pris soin d’annoncer rapidement son intention de nommer un Premier ministre chargé de former un gouvernement civil, ainsi que la tenue d’élections dans un délai maximum de 18 à 24 mois. Cette promesse vise à rassurer les partenaires extérieurs et la population quant à la nature temporaire de cette prise de pouvoir militaire.

Une longue tradition d’interventions militaires dans la vie politique

L’arrivée au pouvoir du colonel Randrianirina s’inscrit dans une continuité historique. Depuis l’indépendance en 1960, chaque grande crise politique à Madagascar a vu l’armée intervenir directement pour arbitrer, voire prendre le contrôle de l’État. En 1972, une révolte étudiante avait conduit le président Philibert Tsiranana à remettre le pouvoir à un directoire militaire. Dans les années 1970 et 1980, le régime socialiste de Didier Ratsiraka s’était lui aussi appuyé sur l’armée pour gouverner, avant d’être renversé sous la pression populaire en 1990, puis définitivement écarté en 2002.

Plus récemment, en 2009, c’est l’armée qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir après la chute de Marc Ravalomanana. Cette récurrence souligne le rôle central de l’armée dans le maintien ou la rupture de l’ordre politique sur la Grande Île.

Un avenir incertain entre transition militaire et retour à l’ordre constitutionnel

Le colonel Michael Randrianirina s’avance aujourd’hui sur une ligne étroite : consolider une transition sans se voir accusé de coup d’État. Son leadership, son habileté politique et sa capacité à rassembler au-delà des cercles militaires seront déterminants pour stabiliser le pays et préparer des élections crédibles. Pour la population malgache, fatiguée par des décennies d’instabilité et de crises répétées, les prochains mois seront décisifs.

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#Michael Randrianirina#

Source : rfi

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