Se connecter avec nous

Actualités

Campagne 2025 de l’anacarde : l’ICAS tire la sonnette d’alarme

Campagne 2025 de l’anacarde : l’ICAS tire la sonnette d’alarme

La campagne de commercialisation de l’anacarde 2025 s’ouvre dans un climat d’incertitude et de détresse. Boubacar Konta, président de l’Interprofession Cajou du Sénégal (ICAS), dénonce avec vigueur une absence totale d’accompagnement de l’État, laissant producteurs, collecteurs et transformateurs livrés à eux-mêmes.

CSAF

« Cette année, c’est comme si la filière avait été abandonnée », fustige-t-il, pointant l’inexistence de Comités régionaux de développement (CRD) et le mutisme des autorités face à la montée de l’insécurité en zone rurale.

Inaction de l’État malgré les signaux d’alerte

Un braquage récent contre des collecteurs de noix en brousse illustre la gravité de la situation. Boubacar Konta y voit une conséquence directe de la défaillance de l’État. Selon lui, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune directive spécifique pour sécuriser la campagne, et aucun lancement officiel n’a été effectué par le ministère du Commerce et de l’Industrie, créant un vide institutionnel dangereux.

Des propositions ignorées, des efforts restés vains

Pourtant, l’ICAS affirme avoir investi plus de 20 millions FCFA pour mettre en place un système d’agrément destiné à encadrer et sécuriser les acteurs de la chaîne — collecteurs, grossistes et exportateurs. Mais les dossiers, transmis dès l’an dernier, sont toujours bloqués au ministère compétent, regrette Konta.

Une filière vitale menacée d’effondrement

La filière cajou pèse lourd dans l’économie sénégalaise, particulièrement en Casamance : plus de 38 000 familles en dépendent, et les exportations ont généré 87 milliards FCFA entre 2023 et 2024. Pourtant, selon l’ICAS, la filière est au bord du gouffre.

Onze unités de transformation ont fermé leurs portes en 2024, entraînant la perte de 3000 emplois. « Ni la production ni la transformation locale ne sont soutenues. C’est le chaos total », alerte Konta.

CSAF

Crise des prix : collecteurs étranglés, marché manipulé

Sur le terrain, la crise est palpable. À Ziguinchor, le prix du kilo de noix de cajou est passé de 800 à 600 FCFA en une semaine. Les collecteurs, souvent endettés auprès des banques, stockent leurs produits sans débouchés, tandis que d’autres accusent déjà plusieurs millions de pertes.

Konta accuse certaines entreprises étrangères, notamment indiennes, de manipuler les prix grâce à leur monopole d’accès au financement. « Depuis lundi, ils ont imposé une baisse sans explication rationnelle », affirme-t-il.

Un appel urgent au Premier ministre Sonk

Face à cette situation, le président de l’ICAS lance un appel solennel au Premier ministre Ousmane Sonko, originaire de la région. Il lui rappelle ses engagements antérieurs en faveur de la filière lors d’un conseil interministériel.

Konta exhorte l’État à une intervention rapide et coordonnée :

  • régulation de l’exportation,
  • soutien massif à la transformation locale,
  • et accès facilité au financement pour les acteurs nationaux.

Conclusion : une filière à sauver avant l’effondrement total

Sans action immédiate, la filière anacarde risque un effondrement généralisé, avec des conséquences économiques et sociales majeures pour la Casamance et le pays tout entier. Le cri d’alarme lancé par l’ICAS traduit l’urgence d’une reprise en main par l’État, avant qu’il ne soit trop tard.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION