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Benin City : Des travailleuses du s3xe manifestent après la diffusion non floutée de vidéos de leur arrestation

Nigéria : des travailleuses du s3xe manifestent contre la police après une descente controversée

Extorsions, humiliation publique, traumatisme social… Les travailleuses du s3xe de Benin City dénoncent des abus lors d’une opération de « nettoyage » menée par les autorités locales.

csaf

Une descente policière tourne au scandale

Le dimanche 4 août 2025, dans le quartier résidentiel de GRA à Benin City, dans l’État d’Edo, une opération dirigée par l’Agence de migration de l’État a ciblé des travailleuses du s3xe dans le cadre d’une campagne visant à débarrasser les rues des trafiquants de drogue et de la prostitution.

Plusieurs femmes ont été interpellées lors de cette descente. Mais après leur libération, c’est un tout autre choc qu’elles ont vécu : des vidéos non floutées de leur arrestation ont été publiées sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’humiliation et de rejet social.

Des extorsions en échange du « silence »

Selon les témoignages recueillis, certaines femmes auraient été contraintes de payer entre 15 000 et 50 000 nairas pour éviter la diffusion de leurs vidéos. Une promesse qui n’a pas été respectée, affirment-elles.

L’une d’elles a confié avoir versé l’argent via un point de vente (POS) après avoir été menacée d’exposition médiatique. Quelques heures plus tard, sa vidéo apparaissait sur TikTok et Instagram. « Ma famille a vu la vidéo. J’ai été rejetée », a-t-elle déclaré, encore bouleversée.

Une figure pointée du doigt : Uyinmwen Uyigue

Les travailleuses accusent un homme du nom de Uyinmwen Uyigue d’avoir perçu l’argent pour leur « silence ». Selon elles, il se serait présenté comme un intermédiaire agissant au nom de l’Agence de migration. Des preuves de paiements sur un compte POS à son nom ont été présentées.

Interrogé, M. Uyigue a admis avoir reçu de l’argent, mais réfute toute accusation d’extorsion. Il soutient que les sommes encaissées étaient des amendes infligées par les propriétaires d’établissements, membres du Benin GRA Hospitality Forum. D’après lui, ce groupe privé impose une pénalité de 50 000 nairas aux travailleuses du s3xe trouvées en train de racoler dans la rue, indépendamment des autorités.

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L’Agence de migration nie toute implication

Le directeur général de l’Agence de migration de l’État d’Edo, Lucky Agazuma, a démenti toute implication de son service dans ces extorsions. Il a rappelé que l’objectif de l’agence est de « réinsérer les personnes vulnérables », et non de les exploiter.

Il a toutefois reconnu que des enquêtes ont été ouvertes sur d’autres infractions constatées lors des descentes, notamment la présence de mineures dans certains établissements et des soupçons de trafic humain vers l’étranger.

Une colère grandissante et un traumatisme profond

Face à ces abus présumés, les travailleuses du s3xe de Benin City ont organisé une manifestation de protestation. Elles réclament justice, la fin des humiliations publiques et une véritable politique de protection des droits humains.

« Ce que nous avons vécu est un traumatisme », a résumé l’une des victimes.

L’affaire met en lumière les zones grises entre sécurité publique, moralisation sociale et droits fondamentaux, dans un contexte où les plus vulnérables restent les premières victimes de pratiques douteuses.

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