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Arrestation de plusieurs étudiants : les Clubs Universitaires de Lomé sortent un fort communiqué
Le climat universitaire s’assombrit au Togo après l’arrestation, le 6 juin dernier, de plusieurs étudiants participant à des rassemblements pacifiques à Lomé. Un communiqué émanant du Collège des Délégués Généraux et des Responsables d’associations étudiantes de l’Université de Lomé exprime une vive inquiétude et interpelle les autorités sur le respect des droits fondamentaux des étudiants.

Une inquiétude légitime face à l’opacité
Dans leur déclaration officielle, les représentants étudiants affirment ne disposer d’aucune information claire sur le sort de leurs camarades arrêtés. Une situation qui génère une atmosphère de consternation, de frustration et d’incompréhension au sein de la communauté universitaire, pourtant habituée à jouer un rôle actif dans les débats citoyens du pays.
Le ton du communiqué est grave : il reflète un malaise croissant au sein de la jeunesse universitaire, qui se dit de plus en plus marginalisée dans la sphère publique et exposée à des répressions croissantes lorsqu’elle tente de faire entendre sa voix.
Une condamnation ferme des arrestations
Les étudiants, par la voix de leurs délégués et associations représentatives, condamnent sans ambiguïté ces arrestations, qualifiées d’atteintes graves aux libertés publiques. Ils exigent la libération immédiate et inconditionnelle de leurs camarades.
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« Manifester, s’exprimer, participer au débat public sont des droits garantis par notre Constitution et le droit international. Aucun étudiant ne devrait être privé de liberté pour les avoir exercés », lit-on dans le texte. Cette prise de position soulève une question fondamentale : peut-on encore s’exprimer librement au Togo sans craindre des représailles ?
Une solidarité sans faille, mais une volonté d’apaisement
Le communiqué va au-delà de la simple dénonciation. Il témoigne d’une solidarité totale envers les étudiants arrêtés et leurs familles, tout en appelant au calme et à la sérénité. Loin d’un appel à la confrontation, les étudiants réaffirment leur attachement à une mobilisation responsable.
« Notre engagement restera ferme sans rentrer dans la confrontation », précisent-ils. Ce positionnement marque une volonté d’agir dans un cadre constructif et légal, en maintenant une posture citoyenne et responsable.
Appel au dialogue et à la retenue
Fait notable, le Collège des Délégués Généraux et les associations étudiantes ne ferment pas la porte au dialogue avec les autorités. Ils croient encore en une issue pacifique à cette situation et appellent à une écoute sincère et à un climat propice à l’épanouissement académique et citoyen.

Ils en appellent à la retenue des autorités, tout en rappelant que la jeunesse universitaire est un pilier du développement national, et qu’elle mérite d’être considérée avec respect.
Une conclusion qui résonne comme un avertissement citoyen
Le communiqué se termine sur une note à la fois patriotique et critique :
« Ce n’est qu’en respectant ses enfants que la République gagnera leur respect. »
Cette phrase, lourde de sens, invite à une réflexion collective sur les relations entre l’État et sa jeunesse, entre pouvoir et citoyenneté, entre autorité et justice. Elle remet en question la légitimité de toute action politique qui bafoue les droits fondamentaux sous couvert d’ordre public.

Les organisations signataires
Quatre entités majeures de l’Université de Lomé sont signataires du texte :
- Le Collège des Délégués Généraux
- L’Association Togolaise des Étudiants Non-Voyants
- Le Club Cervantes
- Le Rotaract Club de l’Université de Lomé
Leur voix commune montre une mobilisation large et transversale, qui dépasse les clivages étudiants traditionnels et souligne la gravité de la situation.
Conclusion :
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les aspirations de la jeunesse togolaise à plus de libertés et les pratiques de certains organes sécuritaires. Le message des étudiants est clair : ils continueront à défendre leurs droits dans la dignité et le respect, mais avec fermeté et courage. La balle est désormais dans le camp des autorités.
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#Arrestation#

