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Violences politiques au Togo : les avocats lancent des forts appels à l’international

Violences politiques au Togo : les avocats lancent des forts appels à l’international

23 juin 2025, Un nouveau front s’ouvre contre l’impunité des crimes politiques commis au Togo. Dans un communiqué sobre mais percutant, le Collectif des Avocats pour la Démocratie, l’État de droit et les Droits de l’Homme annonce une initiative d’envergure : la préparation de plaintes internationales pour torture et crimes contre l’humanité. Ciblant plusieurs juridictions en France, Belgique, Allemagne, Suisse, États-Unis ainsi que la Cour pénale internationale (CPI), le collectif appelle toute personne concernée ou témoin de ces violences à se manifester. Un appel à la mémoire, à la justice, et surtout, à la vérité.

manifestations

Ce recours à la compétence universelle vise à combler le vide juridique dans un pays où les voies nationales semblent paralysées, en permettant aux États étrangers de poursuivre les auteurs des crimes commis entre 2005 et 2018. Ce mécanisme déclenche des procédures judiciaires indépendantes, quels que soient le lieu des faits ou la nationalité des responsables présumés .

Des violences ciblées en 2005 et 2017‑2018

Le collectif se concentre sur deux périodes marquantes :

  • 2005 : qui a vu l’arrivée controversée au pouvoir de Faure Gnassingbé, suite à la mort de son père. Cette période a été marquée par des violences répressives contre la population.
  • 2017‑2018 : à la suite du soulèvement populaire du 19 août 2017, des manifestations à Lomé, Sokodé, Bafilo, Dapaong et Mango ont été suivies d’une violente répression avec arrestations arbitraires, actes de torture, détentions illégales, voire disparitions .

Les avocats recherchent témoignages, photos, vidéos, certificats médicaux, actes de décès, ou toute autre preuve susceptible d’étayer les procédures. Ils ciblent particulièrement les victimes, les familles de victimes, les témoins directs, ainsi que les organisations de défense des droits humains .

La compétence universelle : un outil de justice face à l’impunité

Grâce au principe de compétence universelle, les juridictions de différents pays peuvent juger des crimes graves, même s’ils n’ont pas été commis sur leur sol, dès lors que les victimes résident sur leur territoire. Ce mécanisme devient crucial dans des contextes où les institutions nationales sont peu enclines à juger les responsables d’exactions

Parmi les États visés pour l’ouverture des plaintes, figurent la France, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, les États-Unis et, bien sûr, la CPI, dont la compétence est établie pour les crimes les plus graves.

Un contexte de mobilisation international

Les violations des droits humains liées aux manifestations précédentes sont bien documentées. Amnesty International a recueilli des témoignages faisant état de torture et mauvais traitements, notamment lors des événements des 5 et 6 juin 2025

CSAF

Par ailleurs, des rapports de la Fédération Internationale pour les Droits Humains signalent au moins 81 arrestations arbitraires, dont des actes de torture sur les manifestants Ces données renforcent l’urgence des constats à portée pénale internationale.

Témoignages et preuves : les pièces du dossier

Le communiqué d’appel à témoins invite :

  • Les victimes directes ou indirectes, incluant blessés, détenus arbitraires, torturés, violés, disparus ou exécutés ;
  • Les proches de victimes et les témoins oculaires ;
  • Les associations de défense des droits humains.

Ces éléments permettront d’établir :

  1. Les faits avérés – types de violence, contexte, victimes impliquées ;
  2. Les responsables présumés – identification des auteurs ou commanditaires ;
  3. Une mémoire collective historique, historique et une base solide pour une future justice ou réparation

Conclusion : vers un tournant judiciaire pour le Togo

L’initiative du Collectif des Avocats pour la Démocratie marque une étape décisive dans la lutte contre l’impunité au Togo. En mobilisant la compétence universelle, le collectif entend traduire devant la justice internationale des responsables nationaux de crimes graves, hors des entrailles d’un système judiciaire jugé complice ou inefficace.

Les prochaines semaines seront cruciales : la qualité des témoignages recueillis, la réception des plaintes par les tribunaux étrangers ou la CPI et l’ampleur médiatique du dossier détermineront si cette démarche peut réellement briser le cycle de l’impunité

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