Se connecter avec nous

Politique

Versement de 3 millions de dollars : Laurent Gbagbo cite d’autres présidents impliqués en dehors de Jacques Chirac

Versement de 3 millions de dollars : Laurent Gbagbo cite d'autres présidents impliqués en dehors de Jacques Chirac

Dans une interview accordée à Alain Foka, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a récemment confirmé une information déjà évoquée dans le livre de Robert Bourgi, « Ils savent que je sais tout : Ma vie en Françafrique ». Il s’agit du versement de 3 millions de dollars à l’ex-président français Jacques Chirac en 2002. Cette déclaration relance les débats sur les pratiques peu orthodoxes qui auraient marqué les relations entre certains dirigeants africains et français.

« Ce n’est pas une question de peur »

Lorsque Alain Foka, ex-journaliste de RFI, a interrogé Laurent Gbagbo sur une éventuelle crainte de dire non à Jacques Chirac, la réponse de l’ancien président ivoirien a été sans équivoque : « Ce n’est pas une question de peur. C’est d’abord un étonnement de voir un chef d’État français me demander de l’argent. »
Ce sentiment de surprise a été réitéré tout au long de l’interview, où Gbagbo a exprimé son désarroi face à une telle demande venant d’un dirigeant français, ce qui éclaire d’un jour nouveau la nature des relations entre l’Afrique et l’ancienne puissance coloniale.

Un autre dirigeant africain impliqué

En poursuivant son récit, Laurent Gbagbo a révélé que Jacques Chirac n’était pas le seul à lui avoir demandé de l’argent. Il a évoqué un autre chef d’État africain, qu’il n’a cependant pas voulu nommer publiquement. « Il est coutumier des faits », a-t-il précisé, en faisant allusion à des pratiques similaires de la part de ce dirigeant africain. À la fin de l’interview, Gbagbo a proposé, de manière humoristique, de révéler ce nom en privé à Alain Foka : « Après, hors micro, je peux vous souffler son nom dans le creux de l’oreille », a-t-il dit.

CSAF

L’ingratitude de Chirac envers Laurent Gbagbo

Gbagbo a également révélé un échange particulier avec Jacques Chirac après le versement des 2 milliards de Fcfa (équivalant à 3 millions de dollars). Chirac lui aurait dit : « Laurent, je ne suis pas un ingrat, je saurai m’en souvenir ». Mais l’ancien président ivoirien a exprimé son amertume en soulignant que, peu après, « la France et le Burkina Faso montent une rébellion qui vient m’attaquer ». Cette déclaration sous-entend une trahison, selon Gbagbo, alors que Chirac avait pourtant promis de se souvenir du geste financier fait en sa faveur.

Une nouvelle page de la Françafrique

Ces révélations viennent nourrir davantage les suspicions autour des pratiques dites de « Françafrique », une relation historique entre la France et ses anciennes colonies africaines, souvent marquée par des échanges de faveurs occultes et des interventions politiques et militaires. Laurent Gbagbo, qui a longtemps été au cœur de cette dynamique, lève un voile sur des pratiques jusqu’alors méconnues du grand public, en mettant en lumière les dessous de la relation entre chefs d’État africains et français.

Alors que ces accusations remontent à plusieurs années, elles continuent de soulever des questions sur l’intégrité des relations diplomatiques entre la France et ses partenaires africains. Les propos de Gbagbo risquent de relancer les discussions autour de l’héritage controversé de la Françafrique, une ère qui semble loin d’être totalement révolue.

Rejoignez notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION