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Vè République au Togo : Ce qui change désormais pour les citoyens

Vè République au Togo : Ce qui change désormais pour les citoyens

La nouvelle Constitution promulguée le 6 mai 2024 bouleverse l’organisation politique du pays. Fin de l’élection présidentielle directe, montée en puissance du Parlement, et centralisation du pouvoir autour d’un parti dominant. Voici les grandes lignes de ce tournant historique.

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Un tournant institutionnel majeur

Le Togo entre officiellement dans sa Vème République. Ce changement est intervenu quelques jours après la démission du gouvernement de Victoire Tomégah-Dogbé, le 2 mai 2024, et surtout avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution promulguée par le président Faure Gnassingbé le 6 mai. Le pays passe désormais d’un régime présidentiel à un régime parlementaire inédit dans son histoire.

Fin du vote populaire pour élire le Président

C’est la fin d’une ère. Désormais, les Togolais ne voteront plus directement pour leur Président. Celui-ci sera élu par les députés et les sénateurs réunis en Congrès. Le pouvoir de désigner le chef de l’État appartient donc exclusivement au Parlement, majoritairement contrôlé par l’Union pour la République (UNIR).

Un Président symbolique, un Président du Conseil tout-puissant

Autre transformation majeure : le Président de la République devient une figure honorifique. Il ne gouverne plus, ne décide plus. Ce rôle est désormais assumé par le Président du Conseil des ministres, véritable chef de l’exécutif. Ce dernier commande les armées, oriente la politique nationale et internationale, nomme les hauts fonctionnaires, et peut dissoudre l’Assemblée. Il est désigné par le parti majoritaire, en l’occurrence UNIR.

Mandats inégaux : limité pour l’un, illimité pour l’autre

Le mandat du Président de la République est désormais de 4 ans, renouvelable une seule fois. Mais le Président du Conseil, lui, n’a aucune limite de mandat. Tant que son parti reste majoritaire à l’Assemblée, il peut conserver le pouvoir indéfiniment.

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Un Sénat nouveau, mais en partie contrôlé

La nouvelle Constitution crée également une seconde chambre législative : le Sénat. Une institution supplémentaire qui, loin d’équilibrer le pouvoir, le renforce entre les mains du Président du Conseil. En effet, un tiers des sénateurs sont nommés par ce dernier, consolidant ainsi la majorité parlementaire du parti au pouvoir.

UNIR concentre tous les leviers du pouvoir

Avec la disparition de l’élection présidentielle au suffrage universel, l’instauration d’un Sénat partiellement nommé et l’absence de limite de mandat pour le chef du gouvernement, le système politique togolais devient hautement centralisé. Le parti UNIR contrôle la présidence, le Parlement, et désormais la direction effective de l’État à travers le Président du Conseil.

Une nouvelle ère politique, mais à quel prix ?

La Vème République togolaise redéfinit les règles du jeu démocratique. Mais ce recentrage du pouvoir autour d’un seul parti soulève des inquiétudes sur la séparation des pouvoirs, la représentativité citoyenne, et l’équilibre des institutions. Pour les Togolais, cette nouvelle configuration politique marque un changement profond… dont les effets se feront sentir sur le long terme.

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