actualité
Trafic de fourmis au Kenya : deux jeunes Belges poursuivis pour biopiraterie
Deux jeunes Belges de 18 ans, Lornoy David et Seppe Lodewijck, ont été présentés mercredi devant un tribunal kényan, vingt jours après leur arrestation dans une pension située près du lac Naivasha. Leur crime présumé : la possession de milliers de fourmis vivantes, notamment des reines de l’espèce messor cephalotes, endémique de la région.

Selon l’acte d’accusation, les autorités les ont retrouvés en possession de 5 000 fourmis reines soigneusement conditionnées dans 2 244 tubes d’essai. La valeur estimée de la cargaison s’élève à environ 7 700 dollars.
Une affaire qui soulève des accusations graves
Le Kenya Wildlife Service (KWS), l’agence nationale de conservation de la faune, a porté plainte, qualifiant l’acte de « crime contre la faune sauvage » et de « biopiraterie ».
L’agence affirme que les jeunes hommes projetaient d’envoyer les insectes vers des marchés d’animaux exotiques en Europe et en Asie, où la demande pour des espèces rares connaît une forte hausse.
La loi kényane est stricte à ce sujet : la possession illégale d’animaux sauvages, même de petite taille, est passible d’au moins cinq ans de prison ou d’une amende minimale de 10 000 dollars.

Un hobby ou un trafic organisé ?
Lors de l’audience, les deux Belges ont plaidé coupable pour la possession, tout en niant toute intention de trafic. Leur avocate, Halima Magairo, a défendu l’idée qu’il s’agissait avant tout d’une erreur de jeunesse.
« Ce ne sont que de jeunes enfants qui explorent », a-t-elle déclaré. « Nous sommes humains, nous pouvons faire des erreurs ».
Selon elle, les adolescents auraient agi par ignorance dans le cadre d’un « hobby » passionné pour les insectes.
Lire aussi : 65e anniversaire de l’indépendance : le Togo dévoile son programme commémoratif
Deux autres prévenus dans une affaire parallèle
Deux autres hommes, Dennis Nganga, un Kényan, et Duh Hung Nguyen, un Vietnamien, font également face à des accusations similaires, bien que de moindre ampleur. Ils ont été arrêtés le même jour, avec plusieurs centaines de fourmis réparties dans 140 tubes d’essai, dans les comtés de Nairobi et Machakos. Eux aussi ont plaidé coupable.
Les quatre suspects sont jugés simultanément mais dans deux affaires distinctes : l’une concernant les Belges, l’autre le duo kényan-vietnamien.
Un jugement attendu en mai
Le verdict dans ces affaires est attendu pour le 7 mai prochain. En attendant, les suspects restent sous le coup d’un procès qui met en lumière une zone grise méconnue du trafic d’espèces vivantes, incluant désormais les plus petits maillons de la biodiversité : les fourmis.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.
#Kenya

