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Togo : Voici les vraies raisons de la suspension des activités de Yango
Au Togo, le gouvernement a suspendu depuis le 17 octobre Yango, une entreprise internationale de VTC (voiture de transport avec chauffeur). Cette suspension suscite des interrogations sur la gestion de la concurrence et des opportunités économiques dans le pays. Alors que Yango est capable de respecter les réglementations locales, l’interdiction brutale de ses activités envoie un signal inquiétant aux investisseurs et entrepreneurs, nationaux comme internationaux.

Yango, avec son expertise et sa solidité financière, représentait une chance unique pour le Togo. Elle aurait permis de diversifier le secteur des transports, de créer des emplois, et d’offrir une mobilité à moindre coût. Le départ de cette entreprise prive le Togo de recettes fiscales, d’emplois, et de bénéfices pour d’autres secteurs comme le commerce et l’entretien automobile.
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Au Sénégal, les autorités ont adopté une autre approche. BKG Speed, une entreprise similaire, fonctionne depuis plusieurs mois malgré des irrégularités administratives. Au lieu de suspendre ses activités, le gouvernement sénégalais permet à l’entreprise de continuer tout en cherchant à la régulariser.
Cela a créé des centaines d’emplois et des prix attractifs pour les consommateurs. Cette approche, axée sur l’intérêt collectif, montre qu’il est possible de respecter la loi tout en soutenant l’économie.
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La fermeture de Yango rappelle les difficultés rencontrées par Moov Togo. Beaucoup d’observateurs estiment que cela montre une crainte de la concurrence au Togo. Moov Africa a longtemps été freiné dans son développement à cause de conflits avec Togocel, soutenu par l’État.

L’arrivée d’Orange, acteur international des télécommunications, a aussi été bloquée, privant les consommateurs togolais d’une alternative qui aurait pu stimuler l’innovation et faire baisser les prix.
Dans le cas de Yango, certains pensent que la vraie raison de son exclusion est la peur qu’elle dépasse Gozem, un acteur local dont les actionnaires sont proches du pouvoir. L’interdiction de Yango semble donc plus motivée par la protection d’intérêts privés que par des raisons légales. Cela nuit à la compétitivité du pays et décourage les initiatives extérieures.
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En bannissant Yango au lieu de l’aider à se conformer aux règles, le Togo envoie un message négatif aux investisseurs. Si une entreprise comme Yango, capable de respecter les réglementations, est exclue, que dire des petites entreprises ou startups locales ?
Ces décisions créent un climat d’incertitude qui décourage les investisseurs étrangers, la diaspora, et les jeunes entrepreneurs togolais.
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Dans un contexte économique difficile, le Togo ne peut pas se permettre de renvoyer les rares investisseurs intéressés par son marché. On se rend compte malheureusement que la peur de la concurrence prive le pays d’opportunités économiques.
L’exemple du Sénégal montre qu’il est possible d’accompagner les entreprises dans leur régularisation tout en préservant les intérêts économiques. Plutôt que de s’opposer à la concurrence, le Togo devrait l’encourager pour stimuler l’innovation, créer des emplois et améliorer la vie des Togolais.
Source : L’Alternative
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