Politique
Togo : Voici les messages forts de Aamron qui bouleversent les corps habillés
Le jeune artiste et activiste Aamron brise encore le silence après son enlèvement et sa détention. Un témoignage explosif qui remet en cause les agissements de certaines forces de l’ordre togolaises.
« Ils m’ont torturé et menacé de revenir me chercher »
Dans une déclaration poignante publiée sur ses réseaux sociaux, Aamron, artiste engagé togolais récemment interpellé, a levé le voile sur ce qu’il qualifie de « séquestration » et de « torture morale et physique ». Selon ses propos, le 26 mai dernier, il aurait été violemment arrêté puis conduit au SCRIC, une unité de la gendarmerie spécialisée, où il aurait subi des sévices inhumains.

« Si jamais tu t’en sors, je veux que tu allumes ta caméra et que tu dises au monde entier que nous t’avons torturé ici », aurait lancé le commandant responsable de son interrogatoire, selon Aamron.
« Ensuite, commence par dormir avec un œil ouvert… nous allons revenir te prendre et te faire pire », a-t-il ajouté.
Un message d’intimidation qui laisse entrevoir la gravité de la situation que l’artiste affirme avoir vécue, seul face à six hommes en uniforme.
Aamron transféré de force au centre psychiatrique de Zébé
Aamron révèle qu’après avoir été auditionné et maltraité, il a été conduit manu militari au centre psychiatrique de Zébé, dès le lendemain de son arrestation. Une décision incompréhensible à ses yeux, surtout qu’il était en parfaite possession de ses facultés mentales, comme en témoigne une publication faite sur sa page Facebook quelques heures avant son interpellation.
Cette tentative de discrédit semble avoir été orchestrée pour le faire passer pour instable mentalement, une stratégie qu’il dénonce comme un abus manifeste et une atteinte à sa dignité.
« Je sais comment mon enlèvement a été orchestré »
Aamron ne mâche pas ses mots. Selon lui, son interpellation n’était pas une décision de justice, mais plutôt une manœuvre de certains éléments zélés des forces de sécurité. Il affirme que ces derniers voulaient « marquer des points » auprès de leur hiérarchie en le faisant arrêter, avant de « rendre compte pour avoir des félicitations ou des galons ».
Lorsque l’affaire a commencé à susciter des remous, le flou s’est installé au sein des corps habillés.

« Leur grand boss a demandé qui a donné l’ordre qu’on vienne m’arrêter, et les gens ont commencé à se jeter la pierre », explique-t-il, accusant certains d’avoir même tenté de faire croire que sa propre famille avait demandé son internement.
Vers des poursuites judiciaires à l’international
Aamron annonce qu’il compte intenter une action en justice, non seulement sur le plan national mais aussi international, afin que lumière soit faite sur son enlèvement et les traitements subis.
« Nous sommes dans un État de droit. Mes droits ont été bafoués, mon intégrité violée. Les zélés qui ont agi en toute impunité devront répondre de leurs actes », promet-il.
« On ne peut pas imposer le respect par la peur »
L’artiste lance un message fort : la loi doit s’appliquer à tous, y compris aux forces de l’ordre. Il réclame que les abus commis par les militaires et policiers soient punis au même titre que les actes répréhensibles des manifestants.
« La loi est dure, mais c’est la loi. On ne peut pas imposer le respect par la peur », martèle-t-il.
« Il est temps que les corps habillés comprennent qu’ils ne sont pas au-dessus des citoyens. »
Un cri d’alarme et un appel à la justice
Avec ce témoignage, Aamron attire l’attention nationale et internationale sur une dérive autoritaire inquiétante. Il affirme être aujourd’hui en danger, tout comme sa famille, et appelle à la protection des citoyens face aux abus de certains agents de l’État.
Ce message, qui fait suite à sa récente apparition sur France 24, prend la forme d’une mise au point grave et déterminée. Aamron entend désormais se battre pour la justice, la transparence, et le respect des droits humains au Togo.
À suivre…
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