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Togo : Vers une économie plus humaine , Entrepreneurs du Monde fédère les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire
Le 10 juillet 2025, Lomé a accueilli une rencontre stratégique placée sous le signe de l’engagement solidaire. Organisée par l’ONG française Entrepreneurs du Monde, cette table ronde a réuni plusieurs figures clés de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) au Togo. L’objectif : fédérer les énergies pour promouvoir un modèle économique où rentabilité rime avec utilité sociale, justice et inclusion.

Cette initiative, saluée par les participants, marque une étape supplémentaire dans l’ancrage de l’ESS au sein du tissu économique togolais. Loin d’être une utopie, cette vision repose sur des pratiques concrètes et des institutions déjà engagées dans une démarche de transformation durable.
ESS : un modèle au service des plus vulnérables
Parmi les principaux intervenants figurent Yawo Foly Adzomada, Directeur exécutif d’Assilassimé Solidarité, Badjoumbena Bakole d’Auréole Monde Innovation, Mohamed Attanda du réseau MAIN (Microfinance African Institutions Network) et Baudouin Kola, expert en ESS. Pendant plus de deux heures, ils ont abordé des thématiques clés : définition de l’ESS, mise en œuvre au Togo, défis institutionnels, et surtout, les solutions pour renforcer cette dynamique.
Selon Eugénie Constancias, responsable de la performance sociale et environnementale d’Entrepreneurs du Monde, « cette table ronde répond à une urgence mondiale : changer notre manière de produire, de consommer et de financer, en intégrant les dimensions sociale et environnementale au cœur de l’économie ».
Une autre microfinance est possible
Le rôle des institutions de microfinance (IMF) dans cette transition a été vivement discuté. Trop souvent critiquée pour ses dérives commerciales, la microfinance peut aussi être un outil d’inclusion sociale, à condition d’être encadrée par des principes clairs et des objectifs sociaux.
Eugénie Constancias a insisté : « Il ne faut pas mettre toutes les IMF dans le même panier. Certaines sont motivées par une mission sociale forte, et ce sont elles que nous voulons accompagner et valoriser ».

C’est le cas d’Assilassimé Solidarité, qui depuis sa création en 2012, soutient des populations traditionnellement exclues du système financier : femmes vivant seules, personnes séropositives, portefaix, etc. Son directeur, Yawo Foly Adzomada, explique : « Nous faisons une évaluation régulière de l’impact de nos actions, et nous pouvons affirmer avec assurance que nous contribuons à changer des vies grâce à l’ESS. »
Plaidoyer pour un cadre juridique et un appui étatique
Un point central ressort des échanges : l’absence d’un cadre juridique clair pour l’économie sociale et solidaire au Togo. Pour les intervenants, c’est un frein majeur à l’expansion de cette économie alternative. La représentante d’Auréole Monde Innovation va plus loin : « Le capitalisme classique ne répond pas aux besoins des populations vulnérables. Il faut promouvoir une économie du vivre-ensemble, où l’humain passe avant le profit. »
Elle appelle l’État togolais et les organisations de la société civile à soutenir les IMF qui s’inscrivent dans une dynamique ESS, notamment via des incitations fiscales, des appuis techniques, et surtout la reconnaissance légale de ce modèle.
Entrepreneurs du Monde : un modèle d’accompagnement global
Depuis sa création, Entrepreneurs du Monde agit auprès des plus démunis pour leur permettre de créer ou développer une activité génératrice de revenus, dans une logique de long terme. À travers le microcrédit, l’épargne, les formations professionnelles, et l’accès à l’énergie, l’ONG contribue à bâtir des écosystèmes économiques résilients.
En 2024, l’association a soutenu 165 000 micro-entrepreneurs, dont près de 90% de femmes, dans 12 pays. Ce modèle d’intervention, basé sur l’autonomisation locale, fait aujourd’hui référence dans le monde du développement solidaire.
Un futur inclusif en construction
La table ronde de Lomé sonne comme un appel à une révolution silencieuse : celle d’une économie capable de réparer, de réconcilier, de construire. Au Togo, les graines de cette nouvelle voie économique sont plantées. Encore faut-il qu’elles soient arrosées par des politiques publiques cohérentes et une volonté politique assumée.
Les défis sont nombreux, mais les fondations sont là. Comme le rappelle un intervenant : « L’ESS n’est pas une économie de pauvres pour les pauvres, c’est une économie d’avenir, fondée sur la justice, la dignité et la solidarité. »
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