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Togo – Vers la fin des bidonvilles ? Un atelier inédit à Lomé pour bâtir des villes durables et solidaires
Lomé, 18 août 2025. La capitale togolaise est devenue depuis lundi l’épicentre d’un débat crucial pour l’avenir urbain en Afrique de l’Ouest. Huit pays de l’UEMOA, réunis au sein du réseau mondial Slum Dwellers International (SDI), ont lancé un atelier inédit consacré à l’amélioration des conditions de vie des habitants des bidonvilles. Pendant cinq jours, autorités locales, fédérations communautaires et experts s’engagent dans une réflexion commune pour transformer les quartiers précaires en espaces de vie plus justes, inclusifs et durables.

Ces participants sont tous membres du réseau mondial Slum Dwellers International (SDI), une plateforme qui fédère les organisations communautaires de résidents des quartiers précaires. Objectif : réfléchir ensemble à des solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie des millions de personnes vivant dans les bidonvilles ou quartiers informels de la sous-région.
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Une nouvelle manière de penser la ville
Placée sous le thème « Fédérer autour d’une vision commune et impulser une dynamique portée par les habitants », cette rencontre est initiée par le Hub francophone ouest-africain, en partenariat avec la Fédération togolaise des habitants et l’Union chrétienne de jeunes gens (UCJG), qui assure l’organisation locale.
Pour Papa Ameth Keïta, coordonnateur d’urbaSEN, cette initiative vise à transformer la manière dont les villes sont pensées :
« La ville ne se fera jamais par l’État ou la municipalité seuls. Nous devons être à la fois concepteurs et bénéficiaires des changements. Nous sommes ici pour bâtir des solutions adaptées aux réalités locales. »
L’atelier se veut donc un cadre de co-construction et d’échanges, permettant aux fédérations de partager leurs expériences et de définir des stratégies communes.
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Les autorités locales en soutien
L’événement bénéficie du soutien des autorités municipales des zones où se concentrent les quartiers précaires de Lomé, notamment Katanga et Gbetsogbé.
Agbehonou Kossigan, maire par intérim du Golfe 6, a rappelé les défis quotidiens auxquels font face ces populations :
« Dans les villes, les défis sont immenses : accès à l’eau potable, assainissement, logement décent, emploi des jeunes. Mais chaque défi est aussi une opportunité de construire ensemble des solutions durables. »

De son côté, Koffi Boko, premier adjoint au maire du Golfe 1, a exhorté à une action collective vigoureuse :
« L’expérience a montré que les habitants des bidonvilles ne sont pas les moins intelligents. Nous les encourageons à apprendre un métier, à reprendre le chemin de l’école, et à contribuer eux-mêmes au développement de leur commune. »
Les enjeux abordés : climat, foncier et services sociaux
Durant cinq jours, les participants discutent de problématiques cruciales pour les quartiers informels :
- la vulnérabilité face aux aléas climatiques, notamment les inondations,
- les difficultés d’accès au foncier,
- le manque de services sociaux de base tels que l’éducation, la santé, l’eau potable et l’assainissement.
Au-delà des constats, l’atelier ambitionne de formuler des propositions concrètes susceptibles d’influencer les politiques publiques urbaines dans la sous-région.
Une vision commune pour des villes inclusives
Pour Joseph Maniragena, coordonnateur du Hub, l’enjeu principal est de bâtir une vision partagée et durable :
« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Nous devons unir nos forces pour que les pays francophones deviennent un pilier central de la famille SDI. »
La rencontre s’inscrit ainsi dans une logique d’innovation sociale et de mutualisation des pratiques. Elle met en avant la nécessité d’intégrer pleinement les habitants des bidonvilles dans la planification urbaine, afin de transformer durablement leurs conditions de vie et de rendre les villes plus inclusives.
Vers une reconnaissance des habitants des quartiers précaires
Au-delà des discussions, cet atelier porte un message fort : les résidents des bidonvilles ne doivent pas être considérés comme des bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs essentiels de la ville de demain.
En plaçant les communautés au centre de la réflexion, les organisateurs entendent démontrer que le développement urbain ne peut réussir sans une implication directe des premiers concernés.
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