Economie
Togo : une nouvelle loi pour encadrer et renforcer les microfinances de 4,6 millions de bénéficiaires
Le Togo franchit une nouvelle étape dans la régulation de son secteur de la microfinance. Les députés ont adopté une loi destinée à renforcer la gouvernance, la transparence et la solidité des institutions opérant dans ce domaine, qui joue un rôle central dans l’inclusion financière du pays.
La décision a été prise mardi lors de la 4ᵉ séance plénière de la première session extraordinaire de 2026 de l’Assemblée nationale. La séance a été présidée par Komi Sélom Klassou, président de l’institution parlementaire.

Un secteur clé pour l’inclusion financière
Au Togo, la microfinance occupe une place importante dans l’économie et l’accès aux services financiers. Selon les données officielles, le secteur compte environ 4,6 millions de bénéficiaires, organisés au sein de près de 496 000 groupements.
Les dépôts cumulés atteignent 447,5 milliards de francs CFA, tandis que l’encours des crédits s’élève à 352,1 milliards de francs CFA. Ces chiffres témoignent de l’importance croissante des institutions de microfinance dans le financement des activités économiques, notamment pour les populations à faibles revenus.
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Une réforme alignée sur les normes régionales
La nouvelle législation vise également à harmoniser le cadre juridique togolais avec les normes de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Elle reprend les orientations de la loi uniforme adoptée en décembre 2023 par le Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’objectif est de renforcer la stabilité du système financier dans l’espace communautaire tout en améliorant le contrôle du secteur.
Des règles plus strictes pour les institutions de microfinance
La réforme introduit plusieurs exigences destinées à améliorer la gestion et la supervision des institutions de microfinance. Celles-ci devront désormais mettre en place des dispositifs internes plus fiables, améliorer leurs mécanismes de contrôle et collaborer avec les centrales d’information sur le crédit.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a indiqué que la nouvelle loi vise également à renforcer la lutte contre les pratiques financières illicites.
Selon lui, le texte contribue notamment à intensifier la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, tout en précisant les responsabilités des acteurs du secteur et en instaurant un cadre clair de reddition de comptes.
Ouverture à la finance islamique
Parmi les innovations majeures du texte figure l’introduction de la finance islamique dans le paysage de la microfinance togolaise. Celle-ci pourra être proposée soit comme activité principale, soit à travers des branches spécialisées au sein des institutions existantes.
La loi impose également des obligations comptables renforcées. Les institutions devront produire des états financiers intermédiaires, publier des rapports annuels et soumettre leurs comptes à la vérification de commissaires aux comptes.
La supervision du secteur est par ailleurs mieux structurée entre le ministère des Finances, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Commission bancaire.
Une meilleure protection des usagers
La protection des clients constitue un autre axe majeur de la réforme. La loi prévoit davantage de transparence sur les tarifs appliqués, une meilleure gestion des comptes dormants et la mise en place de mécanismes de médiation pour régler les litiges entre institutions et usagers.
Des mesures spécifiques sont aussi prévues pour accompagner les institutions de microfinance qui rencontreraient des difficultés financières.
Lutte renforcée contre le faux monnayage
Lors de la même séance, les députés ont également adopté une loi relative à la répression du faux monnayage et des atteintes aux signes monétaires.
Ce texte vise à renforcer la lutte contre la falsification des billets, des pièces et des moyens de paiement électroniques. Il prévoit aussi une coopération accrue entre les États membres de l’espace UEMOA afin de mieux combattre les réseaux criminels impliqués dans ces activités.
Avec ces nouvelles dispositions, les autorités togolaises entendent consolider la crédibilité du système financier national tout en favorisant une inclusion financière plus sécurisée pour des millions d’usagers.
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