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Togo : Une Journée mondiale pour rendre hommage à la résilience des réfugiés
À Lomé, la Coordination nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR), en partenariat avec l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), a célébré ce vendredi la Journée mondiale des réfugiés. Un événement marqué par l’émotion, les témoignages et des appels forts en faveur de solutions durables.

Une célébration sous le signe de la reconnaissance et de la solidarité
Chaque 20 juin, le monde se souvient des millions de personnes contraintes de fuir leur pays à cause de la guerre, des violences ou de persécutions politiques et sociales. Au Togo, cette journée a été célébrée avec solennité et engagement par la CNAR et le HCR, autour d’une cérémonie organisée à Lomé, en présence de représentants d’organisations humanitaires, de communautés réfugiées et de partenaires techniques.
Fanette Blanc, cheffe du bureau du HCR au Togo, a pris la parole pour souligner la portée symbolique et politique de cette journée. « Cette journée est bien plus qu’un symbole. Elle nous appelle à reconnaître la résilience de ceux qui ont tout perdu et qui continuent à avancer », a-t-elle déclaré, appelant à un passage à l’action concrète : « Il ne suffit plus de commémorer. Il faut agir, car chaque personne déracinée a droit à une vie meilleure. »
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Mettre les réfugiés au centre des politiques publiques
Fanette Blanc a rappelé l’importance de politiques inclusives et respectueuses de la dignité humaine. Elle a plaidé pour un accompagnement personnalisé des réfugiés, fondé sur leurs besoins spécifiques et une approche centrée sur les droits fondamentaux.
Le message est clair : au-delà de l’assistance humanitaire immédiate, il s’agit désormais de promouvoir une intégration durable, fondée sur la participation active des réfugiés aux processus décisionnels qui les concernent.
Un regard lucide sur les défis du terrain
Medzinyuie Koamivi, chargé de l’éducation des réfugiés au Togo, a apporté un éclairage précieux sur les actions concrètes menées dans les régions du nord, où de nombreuses communautés réfugiées sont installées.
« Ces enquêtes nous ont permis de comprendre nos points forts, mais aussi les limites de nos interventions. Nous avons pris le temps d’écouter les réfugiés, de recueillir leurs attentes, et de réfléchir à comment améliorer notre soutien malgré le manque de moyens », a-t-il expliqué.
Cette approche participative constitue, selon lui, la clé pour mieux adapter les stratégies d’aide aux réalités du terrain. Loin d’une aide descendante, les acteurs humanitaires au Togo entendent désormais construire des solutions avec et pour les réfugiés.

Des réfugiés qui portent leur propre voix
Moment fort de la journée, l’intervention de MouKala-Pika, président de la communauté des réfugiés du Congo-Brazzaville, a donné une voix à ceux que l’on entend trop rarement dans les espaces publics. Dans un plaidoyer émouvant, il a interpellé les autorités togolaises sur la question de la naturalisation.
« Nos attentes sont plus ou moins comblées. Mais si l’on nous donnait l’occasion de nous exprimer, nous demanderions aux autorités de revoir les solutions durables, notamment ce qu’on appelle l’intégration locale par naturalisation », a-t-il déclaré. Il a notamment insisté sur la situation des enfants nés au Togo, qui ne connaissent aucune autre patrie : « Ils ont pleinement droit à la nationalité. Nous supplions les autorités de revoir la rigidité des textes à ce sujet. »
Vers une politique d’intégration plus inclusive ?
Ce cri du cœur pose la question cruciale des solutions durables pour les réfugiés, au-delà de l’hébergement temporaire ou des aides ponctuelles. L’intégration locale, via la naturalisation, constitue l’une des trois solutions promues par le HCR, aux côtés du retour volontaire et de la réinstallation dans un pays tiers.
Au Togo, ce débat reste sensible, mais il gagne en légitimité grâce aux témoignages des réfugiés eux-mêmes, qui expriment leur attachement au pays d’accueil et leur volonté de contribuer à son développement.
Une mobilisation qui ne doit pas faiblir
La Journée mondiale des réfugiés a rappelé que derrière chaque statut, chaque dossier administratif, il y a des vies, des familles, des espoirs brisés mais aussi une formidable capacité de résilience. Elle appelle à une mobilisation continue des autorités, des partenaires internationaux et de la société civile pour construire un avenir digne aux réfugiés présents sur le sol togolais.
Le message lancé à Lomé est sans ambiguïté : écouter, agir et inclure. Car au-delà de la compassion, c’est d’engagement durable dont les réfugiés ont besoin.
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