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Togo/TVT : Limogeage brutal, réorganisation précipitée… voici ce que cache vraiment l’affaire Amegan
Un journal télévisé interrompu en pleine diffusion, un directeur limogé dans la précipitation, et une télévision nationale qui ressemble davantage à un champ de bataille qu’à un média public. Depuis le départ brutal de Joseph Amegan de la direction de la TVT, les langues se délient. Derrière ce limogeage se cache bien plus qu’une simple sanction administrative : c’est toute la mécanique de propagande du régime qui apparaît fissurée, exposant au grand jour les luttes intestines, la censure et l’autoritarisme qui gangrènent la télévision nationale.
Un scandale en direct
Le 1er septembre dernier, lors du journal de 22h30, un reportage sur la visite du Président du Conseil à Yokohama au Japon aurait dû être diffusé. Mais l’élément, préparé par Amegan lui-même, fut bloqué par un conflit ouvert entre le directeur et le rédacteur en chef. Refus d’accès, veto de validation, puis interruption brutale du JT par Amegan en personne : la scène frôlait le chaos.
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Dans un pays marqué par des tensions politiques profondes, interrompre un journal télévisé en direct n’est pas un simple incident. C’est un acte qui peut être interprété comme une tentative de censure, voire comme la dissimulation d’un fait majeur.
La TVT, un instrument politique fragilisé
Cet épisode montre une réalité connue de tous : la TVT n’est pas un média indépendant mais bien un instrument de propagande du régime. Dans un contexte de restrictions des libertés, de surveillance des médias et de musellement de la presse privée, la chaîne publique reste la vitrine unique du pouvoir.
En interrompant un journal sans motif grave, Amegan a franchi une ligne rouge. Pour le régime, ce geste n’était pas seulement un abus d’autorité, mais un affront à l’ordre établi. Le limogeage n’était donc qu’une question d’heures.
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Rivalités internes et climat délétère
Au-delà du cas Amegan, la télévision nationale est rongée par les rivalités. Entre clans, sabotages internes, promotions arbitraires et commérages, la TVT fonctionne moins comme un service public que comme un champ de bataille pour l’influence et la survie. Chaque camp se protège sous le « parapluie » du régime, en attendant sa revanche.
L’épisode du 2 septembre n’est donc pas une simple sanction administrative : il est le révélateur d’une guerre interne où l’enjeu n’est pas l’information, mais le contrôle du récit national.
Un système à bout de souffle
En réalité, l’affaire TVT n’est qu’un symptôme du mal profond qui ronge le Togo : un système politique obsédé par le maintien du pouvoir et incapable de tolérer la moindre faille dans son dispositif de communication.
Le régime peut remplacer les directeurs autant qu’il le souhaite, mais tant que la télévision nationale restera un outil de propagande plutôt qu’un média au service des citoyens, les crises se répéteront.
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