Se connecter avec nous

Actualités

Togo : Sept décès signalés lors des manifestations de fin juin à Lomé , le pouvoir rejette les accusations de répression meurtrière

Togo : Sept décès signalés lors des manifestations de fin juin à Lomé , le pouvoir rejette les accusations de répression meurtrière

Les tensions sociales et politiques se ravivent au Togo. Entre le 27 et le 29 juin 2025, plusieurs quartiers de Lomé ont été le théâtre de manifestations spontanées et de troubles urbains. Selon des organisations de la société civile, au moins sept personnes auraient perdu la vie au cours de ces événements. Une information à laquelle le gouvernement a rapidement réagi en minimisant les faits, évoquant des « noyades » sans reconnaître explicitement leur lien avec les manifestations.

manifestations

Cette vague de contestation s’inscrit dans une dynamique plus large de protestation contre la réforme constitutionnelle, la montée du coût de la vie, et la répression des voix critiques. Dans un pays où les manifestations sont devenues rares, cette résurgence de colère populaire semble traduire une lassitude grandissante face à un pouvoir en place depuis deux décennies.

Des décès attribués à des noyades, selon le gouvernement

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, les autorités togolaises ont reconnu la découverte de plusieurs corps dans des plans d’eau de la capitale, notamment jeudi et samedi. Toutefois, elles se sont gardées de mentionner un nombre précis de victimes. Le communiqué affirme que les résultats des analyses médico-légales ont conclu à des décès par noyade, qualifiant les accusations de la société civile de « tentatives de récupération malheureuses ».

Le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a salué sur la télévision d’État le « professionnalisme des forces de sécurité » et le comportement responsable des citoyens. Il a réitéré l’engagement du gouvernement à protéger tous les Togolais, tout en affirmant que le droit de manifester est garanti dans le pays.

Des voix citoyennes s’élèvent contre la brutalité policière

Cette version officielle ne convainc pas les défenseurs des droits humains. David Dosseh, porte-parole du mouvement Front Citoyen Togo Debout, a exprimé son indignation dans une déclaration à l’AFP :

« Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des fils de ce pays, et la Constitution nous donne le droit de nous exprimer et de manifester pacifiquement. »

Plusieurs manifestants ont rapporté à Amnesty International avoir été victimes de torture ou de traitements inhumains lors des arrestations survenues début juin. Le gouvernement, pour sa part, a nié avoir eu connaissance de tels abus.

Une jeunesse mobilisée malgré les risques

Ce cycle de manifestations, bien que réprimé, traduit un réveil politique porté par une jeunesse connectée, souvent mobilisée à travers les réseaux sociaux. Les protestations du mois de juin ont débuté dès les 5 et 6 juin, avec une cinquantaine d’arrestations à Lomé, et se sont intensifiées à partir du 26 juin. Pneus brûlés, barricades de fortune, gaz lacrymogènes, quartiers paralysés : autant d’éléments qui rappellent les soulèvements populaires passés.

Les manifestants dénoncent l’augmentation du prix de l’électricité, les arrestations de figures critiques, et la nouvelle Constitution, qui renforce les pouvoirs de Faure Gnassingbé, président en exercice depuis 2005. Avec le passage au régime parlementaire, il occupe désormais la fonction de président du Conseil des ministres, le poste exécutif le plus puissant.

CSAF

Une répression médiatique qui inquiète

Autre fait marquant : la suspension pour trois mois des chaînes France 24 et RFI par les autorités togolaises à la mi-juin. Elles sont accusées d’avoir diffusé des « propos inexacts et tendancieux » après les premières manifestations. Cette décision est perçue par de nombreuses organisations internationales comme une atteinte à la liberté de la presse et un signe de crispation du régime face à la contestation croissante.

L’affaire Aamron, symbole d’un climat tendu

Le cas du rappeur Aamron, figure populaire de la jeunesse togolaise et critique virulent du régime, a aussi cristallisé l’attention. Arrêté fin mai, il a réapparu le 5 juin dans une vidéo diffusée depuis un hôpital psychiatrique, y présentant des excuses jugées forcées envers le président Gnassingbé. Il a finalement été libéré le 21 juin, mais cet épisode a renforcé les soupçons sur les méthodes du pouvoir pour neutraliser les voix dissidentes.

Vers une montée des tensions ou un tournant démocratique ?

Les manifestations récentes, les pertes humaines rapportées, les arrestations et la gestion sécuritaire des protestations alimentent un climat de méfiance et de frustration au sein de la population togolaise. Si les autorités assurent leur attachement à l’État de droit, la société civile réclame justice, transparence et ouverture démocratique.

La question reste entière : le Togo est-il à l’aube d’un changement profond, ou s’enfonce-t-il dans une et sociale durable ?

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

CSAF

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION