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Togo – Répression sanglante de juin 2025 : le régime togolais bientôt devant la CPI pour une justice internationale ?
Du 6 au 28 juin 2025, le Togo a été le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite. À l’appel du Mouvement du 6 Juin (M66), regroupant jeunes artistes, blogueurs et citoyens engagés, des milliers de Togolais ont investi les rues de Lomé pour dénoncer la cherté de la vie, la hausse brutale du prix de l’électricité, les dérives autoritaires du pouvoir, ainsi que la réforme constitutionnelle controversée de mars 2024, qui permet au président Faure Gnassingbé de briguer indéfiniment la magistrature suprême.

Mais cette mobilisation populaire, essentiellement pacifique, a été réprimée dans un bain de sang. Selon un communiqué conjoint publié par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Collectif des Avocats pour la démocratie, les exactions commises lors de ces événements relèvent d’une gravité extrême.
Une répression orchestrée : forces de l’ordre et milices en action
Les organisations signataires accusent ouvertement les milices pro-régime d’avoir joué un rôle déterminant dans la répression. Enlèvements, tortures, séquestrations, meurtres… La liste des abus est longue et macabre. Sept personnes ont perdu la vie, dont un mineur, et plusieurs corps ont été retrouvés dans les lagunes de Lomé, témoignant du niveau de brutalité atteint.
Plus préoccupant encore : ces actes de violence n’émanent pas uniquement des forces de sécurité officielles, mais aussi de groupes armés civils identifiés comme des milices politiques, tolérées voire soutenues par le pouvoir. Ces dernières se seraient livrées à des représailles ciblées contre des manifestants et leaders d’opinion critiques.
Un appel à l’ONU et à la Cour pénale internationale
Devant ce qu’elles qualifient de « culture de l’impunité » et de « répression d’État », la FIDH, la LDH et le Collectif d’Avocats appellent à une enquête internationale indépendante placée sous l’égide des Nations unies (ONU). Leur objectif : identifier les auteurs, les complices et les commanditaires de ces crimes, afin qu’ils soient poursuivis devant les juridictions compétentes.
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Mais ces organisations ne comptent pas s’arrêter à une simple dénonciation. Elles envisagent sérieusement de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour l’ouverture d’une enquête formelle sur les violences récurrentes au Togo, non seulement en 2025, mais aussi lors des événements passés, notamment ceux liés à l’élection présidentielle du 24 avril 2005.
Silence des institutions régionales, pression sur les Nations unies
Face au mutisme de la CEDEAO et de l’Union africaine, perçus comme complices passifs d’un régime autoritaire, les ONG misent sur une mobilisation de la communauté internationale. Elles demandent explicitement le démantèlement des milices politiques du régime, ainsi que des sanctions ciblées contre les dignitaires impliqués dans la répression.

Le communiqué pointe du doigt le gouvernement togolais, notamment le ministre de la Sécurité, qui n’a pas hésité à « féliciter les forces de sécurité pour leur professionnalisme » à l’issue d’une répression pourtant meurtrière. Un message perçu comme une provocation et une légitimation de la violence d’État.
Un peuple en attente de justice
Alors que de nouvelles manifestations sont prévues dans les prochains jours, la tension reste vive dans le pays. Les mouvements citoyens, galvanisés par l’élan de juin, préparent d’autres mobilisations pacifiques. Dans ce contexte, la FIDH, la LDH et le Collectif d’Avocats appellent l’ONU à agir rapidement pour protéger les civils togolais et soutenir leur aspiration à une alternance politique réelle.
La page sanglante de juin 2025 ne semble pas prête à être tournée. Pour de nombreux Togolais, le temps de l’impunité est révolu. Et la justice internationale pourrait bien être la prochaine étape d’une lutte pour la dignité, la liberté et la démocratie.
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