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Togo / Prison et maternité : faut-il attendre la mort d’un enfant pour libérer sa mère ?
La scène est à la fois bouleversante et révélatrice de la dureté de certaines réalités carcérales au Togo. À la prison civile de Lomé, une femme détenue a été victime d’une crise alors qu’elle allaitait son bébé. Selon les informations relayées par la page Togo Info Plus via une publication du contributeur Assiney Nyiney, l’incident aurait eu lieu récemment et a conduit à l’hospitalisation des deux : la mère et son nourrisson, tous deux malades, ont été admis au cabanon du CHU Sylvanus Olympio (CHU Tokoin).

La scène dépasse la simple nouvelle : elle questionne profondément l’humanité d’un système pénitentiaire et judiciaire face à la vulnérabilité de la maternité, en particulier en détention. Elle renvoie également à une interrogation plus large sur les limites du pouvoir judiciaire dans le respect des droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des enfants.
Une détention qui soulève des questions de droit et d’éthique
L’affaire prend une tournure encore plus préoccupante lorsqu’on considère que la femme n’est pas seule à souffrir, mais qu’un bébé, un innocent, subit aussi de plein fouet les conséquences de cette incarcération. Le post soulève cette question essentielle : n’y a-t-il personne au Togo pour faire entendre raison aux juges de Faure Gnassingbé ? Un appel direct à la responsabilité morale et politique des autorités judiciaires et politiques du pays.
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Même si la détention est fondée juridiquement, le maintien en prison d’une femme allaitante, dans des conditions sanitaires manifestement précaires, va à l’encontre de plusieurs principes humanitaires et conventions internationales ratifiées par le Togo, notamment celles liées aux droits des femmes et de l’enfant.
Une réponse sanitaire urgente, mais temporaire
Le transfert de la mère et de son enfant au CHU Tokoin a été salutaire, certes, mais ne règle pas la question de fond : peut-on continuer à incarcérer des femmes avec leurs nourrissons, sans tenir compte de leur état de santé, de leur besoin d’assistance et de leur dignité humaine ?
Le recours au cabanon une unité hospitalière pour détenus est souvent perçu comme une solution d’urgence, voire un cache-misère. Il ne remplace en rien une prise en charge médicale adéquate, encore moins une remise en liberté, même temporaire, pour des motifs de santé.

Une libération provisoire comme nécessité humanitaire
Nombre de citoyens togolais, choqués par cette affaire, exigent une réponse immédiate et humaine : la libération provisoire de la femme, au nom de la santé de l’enfant et des droits fondamentaux. Cette décision n’aurait rien de politique, mais tout de moral et juridique. Elle témoignerait de la capacité du système judiciaire à s’adapter aux situations exceptionnelles, comme le permet la loi.
À l’heure où le gouvernement togolais cherche à améliorer son image en matière de respect des droits humains, ce dossier représente une opportunité de montrer que la justice peut être ferme sans être inhumaine.
Quand la justice oublie l’humanité
Il serait gravement irresponsable d’attendre un drame pour réagir. Le cri de détresse lancé par les réseaux sociaux et les citoyens ne doit pas rester lettre morte. Le silence face à la souffrance d’un enfant malade, tenu dans les bras d’une mère incarcérée et malade elle-même, est un refus collectif de compassion.
Il ne s’agit pas ici de défendre ou de condamner une prévenue, mais de préserver la vie et la santé d’un nourrisson. Dans un pays où la Constitution proclame la dignité humaine comme valeur fondamentale, chaque jour de détention supplémentaire pour cette mère et son enfant est un jour de trop.
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#Prison#

