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Togo / Manifestation du 26 juin : rues vide d’hommes , silence des médias, et le peuple veut-il vraiment le changement ?
Ce 26 juin 2025, alors que des appels à la mobilisation avaient été largement relayés sur les réseaux sociaux pour dénoncer la gouvernance actuelle au Togo, les rues sont restées étonnamment vides. À Lomé, Kara, Sokodé ou encore Dapaong, aucun rassemblement d’envergure n’a été constaté. Pas de slogans, pas de pancartes, pas de cortèges. La circulation était fluide, les marchés fonctionnaient au ralenti, et les forces de sécurité, bien que discrètes, demeuraient en alerte.

Cette absence de mobilisation sur le terrain contraste fortement avec le tumulte numérique des jours précédents. Sur Twitter, TikTok et Facebook, des appels à « libérer le Togo » et à « rompre le silence » s’étaient multipliés, portés notamment par des figures de la société civile et de jeunes internautes engagés.
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Un pays sous contrôle ou un peuple tétanisé ?
Les observateurs soulignent que le calme apparent du 26 juin est trompeur. S’il n’y a pas eu d’explosion visible de colère populaire, c’est avant tout par crainte de la répression. Le spectre de la violence d’État arrestations arbitraires, détentions sans jugement, intimidations continue de peser lourdement sur la conscience collective.
« Tout le monde est à la maison. Les rues sont vides. Le pays est calme, mais ce calme est celui de la peur, pas de la paix », confie un jeune activiste joint par messagerie sécurisée.
Depuis la répression des manifestations de juin 2025 et l’arrestation controversée de figures publiques comme le rappeur Aamron, la peur s’est installée. Les soldats sont partout, visibles ou non, et leur présence suffit à dissuader les plus téméraires.
Le silence assourdissant des médias
Autre fait marquant : l’absence totale de couverture médiatique sur cette journée du 26 juin. Les médias publics sont restés muets, et la plupart des organes privés ont choisi la prudence, évitant le sujet ou ne faisant aucune mention des appels à manifester. Cette censure passive ou active renforce la frustration des citoyens qui s’interrogent : « Qui racontera l’histoire de notre combat si tout le monde se tait ? »
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Des journalistes contactés en off évoquent la peur de représailles, les risques de suspension de leur média, voire d’emprisonnement pour “incitation au trouble à l’ordre public”.
Le paradoxe togolais : majorité silencieuse, minorité armée
Une question revient avec insistance : comment un peuple majoritaire peut-il être réduit au silence par une minorité au pouvoir ? Cette interrogation est sur toutes les lèvres, dans les salons, les taxis, les réseaux sociaux. Les citoyens savent qu’ils sont plus nombreux que les militaires. Ils savent aussi que la légitimité populaire surpasse la force des armes. Mais ils restent bloqués.

« Togolais, veux-tu vraiment le changement ? » La question, simple et brutale, circule depuis ce matin sur les téléphones, les statuts WhatsApp, les vidéos TikTok. Elle interpelle. Elle provoque. Et elle révèle une faille profonde : le fossé entre la colère contenue et l’action collective.
Le changement viendra-t-il d’en bas… ou de l’intérieur ?
À l’heure où les appels à manifester restent sans écho dans les rues, certains plaident pour une réinvention des formes de lutte : manifestations éclatées, désobéissance civile, grèves, boycott, ou encore plaidoyers internationaux.
D’autres appellent à un sursaut intérieur, un refus de la peur, un éveil citoyen pacifique mais résolu. Car, disent-ils, le changement ne peut pas venir d’en haut si la base reste passive.
Conclusion : un jour de silence… mais pas de résignation
Ce 26 juin 2025 restera peut-être comme le jour où le Togo s’est tu… mais n’a pas renoncé. La peur a gagné cette manche, mais l’histoire est en mouvement. Et dans les silences pesants, des graines de conscience s’enracinent.
Il ne s’agit plus seulement de dénoncer. Il s’agit désormais de se demander, collectivement et individuellement : que suis-je prêt à faire pour que ça change .
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#Togo#

