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Togo : l’OTR dénonce une manipulation mensongère lors des manifestations de juin 2025
Dans un contexte de tensions politiques et sociales croissantes au Togo, l’Office Togolais des Recettes (OTR) a publié, ce 12 juillet 2025, une mise au point officielle pour répondre à des accusations virales circulant sur les réseaux sociaux. Ces accusations, largement relayées via des vidéos et messages, font état de l’implication présumée d’un véhicule de l’OTR dans des enlèvements de jeunes manifestants lors des événements survenus les 5 et 6 juin 2025 à Lomé.

L’OTR, par la voix de son Commissaire Général par intérim, Philippe Kokou B. Tchodie, a fermement démenti ces allégations, qualifiées de « mensongères et provocatrices », dénonçant une tentative manifeste de nuire à sa réputation et de compromettre la confiance entre l’institution et la population togolaise.
Le véhicule mis en cause n’appartient pas à l’OTR
Au cœur de la polémique figure un véhicule immatriculé TG-9664-AK, qui aurait, selon certaines publications en ligne, servi à des opérations d’enlèvement de jeunes activistes durant les manifestations contre la vie chère et les dérives du régime. Dans sa communication, l’OTR est catégorique : ce véhicule ne fait pas partie de sa flotte.
Le service public précise qu’il ne détient aucun véhicule immatriculé sous ce numéro, et invite toute personne intéressée par la vérification à se tourner vers les directions compétentes, en particulier la Direction des Transports Routiers et Ferroviaires. En clair, aucune trace de ce véhicule dans le parc automobile de l’Office, qui rejette toute association avec les événements violents des 5 et 6 juin.
Une confusion autour du NIF de la section TVM
La rumeur aurait également été alimentée par une confusion sur l’utilisation du Numéro d’Identification Fiscale (NIF) de la section Taxe sur les Véhicules à Moteur (TVM) de l’OTR. Le lien supposé entre ce numéro et le véhicule incriminé aurait servi à étayer les accusations.

L’OTR tient à rectifier l’interprétation de cette donnée fiscale : tous les paiements liés à la TVM passent effectivement par le NIF 1001698465, rattaché à la section TVM. Or, ce NIF ne permet en aucun cas d’attribuer un véhicule en particulier à l’OTR ou à sa section TVM, dans la mesure où il s’agit d’un code global de rattachement pour les recettes fiscales. Aucun véhicule n’est personnellement attribué à cette section.
Aucun véhicule personnel à la section TVM
Autre précision importante : la section TVM de l’OTR ne possède aucun véhicule immatriculé à son nom, ni à titre personnel, ni à titre fonctionnel. Tous les véhicules sont enregistrés sous l’identité juridique de l’OTR en tant qu’établissement public. L’existence d’un véhicule immatriculé au nom de la section TVM est donc, selon les termes de la note, une « impossibilité administrative ».

Une accusation jugée grave et sans fondement
L’OTR ne se limite pas à des clarifications techniques. Dans sa note, elle condamne fermement la diffusion de ces vidéos, qu’elle qualifie d’acte irresponsable. Elle souligne que l’auteur des publications virales sera tenu pour entièrement responsable des conséquences de ses propos. En des termes diplomatiques mais fermes, l’OTR dénonce une attaque contre une institution républicaine dans un climat déjà fragilisé par les tensions politiques.
Le communiqué se termine par un appel à la responsabilité et à la vigilance face aux rumeurs en ligne, et réaffirme la volonté de l’Office de rester concentré sur sa mission régalienne de collecte des recettes publiques.
Une affaire symptomatique d’un climat délétère
Ce communiqué de l’OTR s’inscrit dans un contexte de méfiance accrue entre les citoyens et les institutions. Depuis les manifestations du mois de juin, plusieurs entités étatiques et paraétatiques sont la cible d’accusations liées à des exactions. Que ces accusations soient fondées ou non, elles révèlent une fracture de confiance, alimentée par l’opacité de certaines pratiques, mais aussi par la prolifération de fausses informations sur les réseaux sociaux.
L’affaire souligne également les défis de communication auxquels les institutions togolaises doivent désormais faire face : à l’heure du numérique, une vidéo amateur ou un commentaire viral peut suffire à mettre en cause une administration entière. Le besoin d’explications claires, d’enquêtes crédibles et d’une transparence renouvelée s’impose plus que jamais.
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