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Togo : L’opposition appelle à la désobéissance civile et exige la démission de Faure Gnassingbé
Réunis au sein du Cadre de Réflexion et d’Action pour le Changement (CRAC), plusieurs figures emblématiques de l’opposition togolaise ont lancé, jeudi dernier, un appel inédit à la désobéissance civile. Ce collectif, qui regroupe l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), les Forces Démocratiques pour la République (FDR) et le Front Citoyen Togo Debout (FCTD), dénonce fermement les deux décennies de gouvernance de Faure Gnassingbé, qu’il qualifie de « dynastie illégitime, oppressive et corrompue ».

Face à la presse, Jean-Pierre Fabre, Me Paul Dodji Apévon et le Professeur David Ekoue Dosseh ont exprimé leur ras-le-bol. Selon eux, le pays est plongé dans un système de gouvernance autoritaire, inefficace et profondément injuste, caractérisé par des réformes constitutionnelles imposées, un appauvrissement généralisé et des violations des droits fondamentaux.
Une réforme constitutionnelle contestée
L’une des principales raisons de cette montée de tension est la réforme constitutionnelle votée en avril 2024, dans une relative discrétion. Pour le CRAC, cette modification n’est ni plus ni moins qu’un « coup de force » destiné à verrouiller le pouvoir. Le collectif rejette catégoriquement cette nouvelle constitution et affirme ne reconnaître que celle du 14 octobre 1992, jugée seule légitime.
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« Quand il y a un coup d’État ou une usurpation de pouvoir, désobéir devient un devoir sacré », rappelle le CRAC, citant l’article 150 de l’ancienne Constitution.
Un appel à l’action citoyenne
Dans une déclaration ferme, le collectif a exigé la démission immédiate de Faure Gnassingbé, évoquant son illégitimité, ses échecs multiples en matière de gouvernance, et sa violation flagrante des droits humains. « Ce n’est pas un appel symbolique, c’est une exigence historique et morale », a affirmé le professeur Dosseh.
Le CRAC appelle désormais les citoyens à se préparer à des actions de désobéissance civile dès le lundi 23 juin, dans tous les secteurs d’activité. Objectif : reprendre la souveraineté populaire.

L’Église interpellée, la mobilisation s’élargit
Les leaders de l’opposition ont également lancé un appel aux confessions religieuses, saluant la position critique de la Conférence des Évêques du Togo (CET). « J’ai entendu un pasteur dire que la Bible interdit la politique… c’est inadmissible ! », a lancé Me Apévon, appelant à un engagement moral des leaders religieux dans la crise.
Un combat de longue haleine
Le ton est donné. Pour les figures du CRAC, le changement ne viendra que par la pression citoyenne. « Nous resterons là, déterminés, jusqu’au changement du système », a conclu le professeur Dosseh.
Alors que les jours à venir s’annoncent décisifs, le pays semble se diriger vers une confrontation politique majeure, sur fond de mobilisation populaire et d’un climat institutionnel toujours plus tendu.
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