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Togo : Lomé veut s’imposer comme la capitale africaine de la lutte anti-blanchiment

Lomé veut s’imposer comme la capitale africaine de la lutte anti-blanchiment

Le Togo accueille pour la deuxième fois la Grande Rencontre des Compliance Officers. Une volonté claire : faire de Lomé un hub régional de la conformité et de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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Un rendez-vous stratégique continental

Depuis le 8 juillet 2025, plus de 600 professionnels de la conformité, régulateurs, auditeurs, banquiers et représentants de la société civile, venus de 42 pays, se réunissent à Lomé dans le cadre de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO). Cet événement d’envergure, organisé par l’Association togolaise des Compliance Officers (ATCO), marque la deuxième édition d’une initiative qui ambitionne de faire de la capitale togolaise une référence sur le continent africain en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).


Un contexte africain encore sous pression

La rencontre intervient dans un climat où la pression du Groupe d’action financière (GAFI) sur les pays africains se fait plus forte. En juin 2025, douze États africains figuraient encore sur la liste grise de l’organisation, parmi lesquels le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la RDC, l’Algérie ou encore l’Afrique du Sud. Cette classification traduit des lacunes persistantes dans les dispositifs de LBC/FT, entraînant une surveillance renforcée et des risques accrus pour l’économie formelle.

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Des pertes colossales pour l’Afrique

Lors de la cérémonie d’ouverture, Georges Essowè Barcola, ministre togolais de l’Économie et des Finances, a sonné l’alarme :

« L’Afrique a perdu plus de 1000 milliards de dollars en flux financiers illicites au cours des 50 dernières années. »

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Ces pertes annuelles sont passées de 50 à 90 milliards de dollars en cinq ans, représentant près de 4 % du PIB africain. Pour le Togo, il s’agit d’un enjeu stratégique. Le pays entend jouer un rôle moteur en renforçant l’efficacité de son architecture de conformité, notamment en prévision du 3e cycle d’évaluation mutuelle prévu en 2030.


Un dispositif national en renforcement

Le ministre Barcola a souligné l’importance des institutions financières et des professions non financières désignées dans ce combat, appelant à un renforcement des partenariats public-privé pour faire face à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués.

Un message appuyé par Kimélabalou Aba, président de la HAPLUCIA, pour qui la conformité va désormais bien au-delà de la seule application des textes :

« Le combat pour l’intégrité est exigeant, mais il est juste et nécessaire. »


L’engagement des marchés financiers régionaux

Présent à Lomé, Félix Edoh Kossi Amenounvé, directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), a mis en lumière les efforts de sa structure pour se conformer aux normes internationales : politique anti-blanchiment, normes ESG, code de gouvernance…

« Il est essentiel que notre place financière reste crédible aux yeux des investisseurs. »


Une feuille de route panafricaine attendue

Pour Nikada Batchoudi, président de l’ATCO, l’ambition dépasse le cadre national. Il s’agit de bâtir une communauté panafricaine de la conformité, capable d’alimenter les systèmes judiciaires en signaux d’alerte pertinents. Une feuille de route continentale est d’ailleurs attendue à l’issue de cette deuxième édition.

L’objectif est clair : faire de Lomé, dès juillet 2026, la capitale africaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Un pari audacieux, mais à la mesure des enjeux économiques et sécuritaires pour l’Afrique.

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