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Togo : Les pharmaciens exigent la libération d’un auxiliaire arrêté, ou se sera la fermeture des pharmacies jusqu’à sa libération
Lomé, 27 juin 2025 , C’est un climat de vive inquiétude et de stupeur qui règne au sein du personnel soignant de l’hôpital de Bè, à Lomé, après l’arrestation inattendue de EBOAHOUN K. Raphaël, surveillant du service de pharmacie et porte-parole des délégués du personnel. Selon un communiqué officiel publié par l’Association Nationale des Auxiliaires d’État en Pharmacie du Togo (ANA-EPT), le professionnel a été interpellé dans la matinée du jeudi 26 juin 2025, sur son lieu de travail, par les forces de l’ordre.

L’information a été reçue avec un choc considérable, tant au sein de la communauté hospitalière qu’auprès de l’opinion publique. Et pour cause : aucune justification n’a été donnée jusqu’à ce jour, ni sur les motifs de son arrestation, ni sur le lieu de détention, ni sur ses conditions de traitement depuis sa disparition.
Une détention sans transparence
Dans leur communiqué numéroté 010/2025/BN/ANA-EPT, les responsables de l’Association ne cachent pas leur désarroi. Toutes les tentatives de contact avec les autorités compétentes sont restées infructueuses. Ni la police, ni les services judiciaires ne se sont manifestés pour expliquer ou même confirmer officiellement la détention du collègue arrêté.
Face à ce silence inquiétant, l’ANA-EPT lance un appel à la solidarité de l’ensemble de la communauté médicale et paramédicale, ainsi qu’à la société civile, pour soutenir la famille de M. EBOAHOUN dans cette épreuve difficile.
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Une arrestation perçue comme une atteinte à la liberté syndicale ?
Bien qu’aucun lien direct n’ait été formellement établi, plusieurs observateurs soulignent que M. EBOAHOUN, en sa qualité de porte-parole des délégués du personnel, jouait un rôle actif dans la défense des droits des agents hospitaliers. D’aucuns craignent que cette arrestation soit un message adressé aux syndicalistes ou délégués engagés, dans un contexte de tension sociale accrue, notamment suite aux mobilisations citoyennes récentes à Lomé.
Une source hospitalière, ayant requis l’anonymat, déplore une dérive inquiétante : « On arrête maintenant les agents de santé comme des criminels, sans mandat ni explication. Si cela continue, plus personne ne se sentira en sécurité, même dans les lieux censés soigner et protéger. »

La solidarité se met en place
Dans un élan de mobilisation, l’association remercie le SYNPHOT (Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo) et la direction de l’hôpital de Bè, qui ont tous deux réagi dès les premières heures pour comprendre la situation et soutenir la famille. Un appel est également lancé à toute personne disposant d’informations pouvant aider à retrouver la trace de M. EBOAHOUN.
Cette affaire vient raviver le débat sur les libertés fondamentales au Togo, dans un contexte où plusieurs cas de disparitions, de répressions ou d’interpellations arbitraires ont été dénoncés récemment par les organisations de la société civile.

Vers une mobilisation plus large ?
Alors que le climat politique et social reste tendu, ce nouveau cas pourrait bien devenir un symbole de la lutte pour les droits professionnels et syndicaux au Togo. Déjà, des voix s’élèvent pour demander l’implication des ONG locales et internationales, afin de faire la lumière sur cette affaire opaque. Certains appellent même à une mobilisation générale du personnel médical, si la situation n’évolue pas rapidement.
L’ANA-EPT promet, pour sa part, de ne pas baisser les bras. Dans son communiqué, elle conclut par une déclaration forte : « Nous demeurons ouverts à toute personne pouvant nous fournir des informations susceptibles de nous aider à retrouver notre collègue. »
Dans un pays où les arrestations arbitraires deviennent de plus en plus fréquentes, cette nouvelle affaire vient questionner une fois de plus l’État de droit et la protection des citoyens, quelle que soit leur fonction.
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