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Togo : les chefs traditionnels de Tchitchao expriment leur désapprobation face aux propos de l’ex-ministre Marguerite Gnakadé
Au Togo, la tension politique née des récentes déclarations de Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, connaît un nouvel épisode. Le 22 juin 2025, une coalition de chefs traditionnels, de cadres communautaires et de présidents d’associations du canton de Tchitchao, dans la région de la Kara, a tenu une rencontre exceptionnelle au lycée de Tchitchao, au cours de laquelle elle a réprimandé publiquement Mme Gnakadé, native de ce même canton.

Cette prise de position, rare dans sa forme et significative sur le plan symbolique, intervient à la suite des critiques formulées par l’ex-ministre à l’égard de la gouvernance actuelle, notamment celle du président Faure Gnassingbé. Pour les chefs locaux, ces sorties médiatiques portent atteinte à la cohésion sociale et sont jugées contraires aux valeurs que l’on attend d’une ancienne haute responsable d’État.
Un comportement jugé contraire à l’unité et aux traditions
Dans leur déclaration lue à l’issue de la rencontre, les autorités coutumières et communautaires de Tchitchao ont exprimé une profonde déception face à ce qu’ils qualifient de comportement diviseur.
« Nous attendions un comportement exemplaire de la part d’une personne ayant occupé de hautes fonctions gouvernementales », souligne le communiqué collectif.
Les chefs et notables affirment avoir, à plusieurs reprises, tenté d’engager un dialogue constructif avec Mme Gnakadé, sans succès. C’est l’échec de ces tentatives de conciliation interne qui les a poussés à s’exprimer publiquement, dans le but de préserver la paix sociale et l’image du canton.
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Soutien affiché au président Faure Gnassingbé
Au-delà de la désapprobation exprimée envers leur fille du terroir, les chefs traditionnels de Tchitchao ont tenu à réaffirmer leur soutien total au chef de l’État, Faure Gnassingbé. Dans leur déclaration, ils saluent les efforts du gouvernement en matière de développement, mettant en avant :
- les projets d’infrastructures,
- les politiques d’inclusion sociale,
- et le rôle stabilisateur des forces armées togolaises dans un contexte sous-régional troublé.
Les signataires ont ainsi clairement exprimé leur attachement aux valeurs d’unité nationale, de loyauté républicaine et de respect des institutions, s’opposant à toute forme de critique qu’ils jugent contre-productive ou déstabilisatrice.
Une réponse politique à une fracture générationnelle ?
Cette réprimande venue du terroir pourrait aussi être lue comme une volonté des autorités locales de se désolidariser d’un discours critique considéré comme minoritaire, mais qui trouve néanmoins un certain écho dans l’espace public.
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Pour certains analystes, la posture de Mme Gnakadé traduit un repositionnement politique personnel, voire une tentative d’ouverture vers des cercles dissidents ou des mouvements de contestation. Cette hypothèse, bien que non confirmée, alimente les débats autour des dynamiques internes au sein de l’élite politique togolaise.
Le rôle toujours influent des chefs traditionnels
Au Togo, les chefs traditionnels conservent une autorité morale et symbolique forte, notamment dans les régions septentrionales. Leur parole publique, même sur des sujets politiques, est souvent perçue comme un marqueur d’orientation communautaire et de fidélité institutionnelle.

Leur sortie contre Mme Gnakadé ne vise donc pas uniquement une personne, mais réaffirme aussi un positionnement collectif, fidèle à l’ordre établi. Ce geste envoie un signal clair à l’ensemble des élites locales : toute critique publique doit s’accompagner d’une prise de responsabilité sur le plan communautaire et historique.
Conclusion : un rappel à l’ordre à forte portée symbolique
En condamnant publiquement l’attitude de Marguerite Gnakadé, les chefs traditionnels de Tchitchao entendent défendre la stabilité politique et la cohésion sociale. Leur déclaration, bien qu’émanant du niveau local, s’inscrit dans un contexte national plus large de polarisation politique. Elle met en lumière les limites de l’expression critique dans un système où les allégeances institutionnelles demeurent structurantes.
Dans un climat politique tendu, cette prise de position communautaire pourrait peser sur l’avenir politique de l’ex-ministre, tout en rappelant le rôle actif que jouent encore les chefferies traditionnelles dans la régulation sociopolitique togolaise.
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