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Togo : Le RPODDH appelle à la retenue et condamne les violences lors des manifestations de juin
Les manifestations survenues au Togo les 6, 26, 27 et 28 juin 2025 continuent de susciter de nombreuses réactions. Initiées à l’appel de certains bloggeurs et influenceurs en majorité basés à l’étranger ces mobilisations ont rapidement dégénéré dans plusieurs quartiers de Lomé, donnant lieu à des affrontements, à des actes de vandalisme, et à un déploiement musclé des forces de l’ordre.

Ces appels au « soulèvement populaire » et au « renversement de l’ordre établi » ont été largement relayés via les réseaux sociaux, déclenchant des mouvements de protestation que les autorités ont qualifiés de « subversifs » et d’illégaux.
La voix du RPODDH : entre condamnation de la violence et appel à la paix
C’est dans ce climat tendu que le Réseau panafricain des observateurs et défenseurs des droits de l’homme (RPODDH) a tenu une conférence de presse ce lundi 8 juillet à Lomé. Prenant la parole au nom du réseau, ses responsables ont fermement condamné les actes de violence enregistrés lors des récentes manifestations, qu’ils considèrent comme une menace grave pour la stabilité républicaine.
« Nous ne pouvons rester silencieuses face à une dénonciation unilatérale qui, tout en prétendant agir pour l’intérêt général, omet délibérément des faits essentiels tels que les appels à la violence, les injures publiques, les tentatives de subversion et l’usage manifeste des réseaux sociaux pour inciter à la haine ou à la destruction des symboles républicains », a martelé une représentante du RPODDH.
L’organisation appelle à la retenue et exhorte tous les acteurs politiques, sociaux, et médiatiques à cesser la propagation de discours incendiaires. Le réseau rappelle que l’exercice des libertés publiques, y compris le droit de manifester, doit s’inscrire dans le strict respect du cadre légal.
Le gouvernement tente de rassurer
Du côté des autorités, la réponse n’a pas tardé. Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour identifier les instigateurs des troubles, ainsi que leurs éventuels relais internes et soutiens étrangers. Des mesures sécuritaires ont été renforcées dans les zones sensibles, mais selon les autorités, le calme serait désormais revenu dans les localités touchées.
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Les examens scolaires, suspendus dans certains centres pour des raisons de sécurité, ont repris normalement. De même, les services administratifs ont continué de fonctionner, signe que la situation est, pour l’heure, sous contrôle.

Une fracture numérique inquiétante
Le RPODDH attire également l’attention sur un phénomène préoccupant : l’utilisation massive des plateformes numériques pour orchestrer des appels à l’insurrection. Selon le réseau, ces comportements exploitent la vulnérabilité des jeunes, souvent désillusionnés par la situation socio-économique, et les poussent vers des actes violents sous couvert d’un militantisme à distance.
Dans ce contexte, le réseau appelle à une régulation plus rigoureuse de l’usage des réseaux sociaux à des fins de mobilisation politique, tout en rappelant la nécessité de respecter la liberté d’expression.
Un appel au dialogue et à la responsabilité collective
Pour le RPODDH, la priorité aujourd’hui est de rétablir un climat de confiance et de paix. L’organisation plaide pour une approche inclusive fondée sur le dialogue politique et le respect des institutions. Elle invite les partis politiques, les influenceurs et les membres de la société civile à agir de manière responsable et à privilégier les voies de médiation et de concertation.
« La violence ne peut être une solution durable à des revendications politiques », conclut le réseau, insistant sur la nécessité de préserver l’unité nationale et les acquis démocratiques, aussi imparfaits soient-ils.
Vers une sortie de crise ?
Les évènements de juin ont révélé, une fois de plus, la profonde fracture entre une jeunesse en quête de changement et un pouvoir accusé de surdité politique. Entre provocations numériques et répression sur le terrain, la société togolaise semble se trouver à un carrefour sensible.
La prise de parole du RPODDH, bien que critiquée par certains militants pour son ton jugé « complaisant » à l’égard du pouvoir, ouvre néanmoins un espace pour repenser les formes de lutte citoyenne dans un contexte où les lignes entre engagement et manipulation deviennent de plus en plus floues.
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