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Togo : le régime togolais suspend RFI et France 24 pour bien s’occuper de la manifestation du peuple ce 26 juin ?

Togo : le régime togolais suspend RFI et France 24 pour bien s'occuper de la manifestation du peuple ce 26 juin ?

Lundi 16 juin 2025, le gouvernement togolais a ordonné la suspension des signaux de France 24 et Radio France Internationale (RFI), deux des médias internationaux les plus suivis sur le continent. Cette mesure, intervenue sans préavis, a immédiatement suscité une vague d’indignation tant au niveau national qu’international. Pour de nombreuses organisations de la société civile, cette décision est perçue comme une tentative de faire taire les voix critiques, dans un contexte politique de plus en plus tendu.

manifestations

Le Front Touche Pas à Ma Constitution (TPAMC), regroupement de partis et d’organisations de la société civile, a réagi dans un communiqué rendu public le lendemain. Il y dénonce une “volonté délibérée d’étouffer la vérité sur les violations des droits humains” et une manœuvre visant à dissimuler la répression en cours dans le pays.

Une censure en plein scandale autour de l’affaire Aamron

Cette suspension médiatique intervient alors que l’affaire Aamron continue de secouer l’opinion publique. Le jeune artiste, connu pour ses textes dénonçant la gouvernance autoritaire du régime en place, est retenu depuis trois semaines dans un centre psychiatrique, sans décision judiciaire et sans accès à son avocat ni à sa famille. Selon les informations relayées par des militants, des injections forcées de substances non identifiées lui seraient administrées, ce qui alimente les soupçons de traitement inhumain.

Le TPAMC affirme que pendant que ces actes sont perpétrés, la priorité du pouvoir reste d’empêcher les médias de rendre ces dérives visibles aux yeux du monde. Cette stratégie du huis clos semble vouloir préparer l’opinion nationale à une escalade répressive, à l’approche de la date du 26 juin 2025, marquée par un nouvel appel à manifester lancé par la jeunesse togolaise.

Un climat de répression généralisée

Les récentes manifestations organisées pour exiger la libération d’Aamron ont été violemment réprimées. Des dizaines de jeunes manifestants, étudiants, soignants et professionnels de divers secteurs ont été arrêtés, certains torturés dans des postes de police selon des témoignages recueillis par des organisations de défense des droits humains.

Lors de ces événements, la correspondante de TV5 Monde a brièvement été interpellée, soulignant la volonté du régime d’intimider également les journalistes. Pour beaucoup, ces actions s’inscrivent dans une logique de militarisation de la vie politique et de criminalisation de la dissidence.

Une alerte sur de futures coupures d’internet

Le TPAMC met également en garde contre une possible perturbation ou coupure totale d’Internet et des réseaux sociaux, mesure régulièrement utilisée par le régime lors de pics de contestation. Cette hypothèse est renforcée par les antécédents des autorités en matière de contrôle de l’information, notamment lors des périodes électorales ou de fortes mobilisations sociales.

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La coupure des médias internationaux est donc perçue comme une préparation à une répression accrue, sans regard extérieur ni documentation par la presse indépendante.

Un régime acculé face à une jeunesse déterminée

Alors que le pouvoir de Faure Gnassingbé entame sa troisième décennie, la tension entre le gouvernement et la jeunesse togolaise atteint un niveau critique. Cette dernière, de plus en plus structurée et déterminée, rejette les symboles d’un système jugé autoritaire, déconnecté et incapable de répondre aux défis socio-économiques du pays.

Dans son communiqué, le TPAMC appelle chaque citoyen à jouer son rôle dans la reconquête des libertés fondamentales. Pour cette organisation, la fin de l’impunité et le retour à l’état de droit passent par une mobilisation continue et pacifique, capable d’ébranler les fondations d’un régime usé par le temps.

Enjeux régionaux et pression internationale

Ce développement survient alors que la situation des droits humains au Togo attire l’attention de plusieurs ONG internationales. Des appels à l’Union africaine et aux Nations unies pour une médiation commencent à émerger. Le silence diplomatique, jusque-là observé par certains partenaires du Togo, pourrait être remis en question si les manifestations du 26 juin devaient être réprimées dans le sang.

Une date à surveiller : 26 juin 2025

La prochaine mobilisation nationale prévue pour le 26 juin s’annonce comme un test de force entre la rue et le pouvoir. Dans un contexte de verrouillage médiatique et d’intensification des mesures sécuritaires, la résilience de la société civile togolaise et l’attention internationale seront déterminantes pour la suite des événements.

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