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Togo : Le cri d’alarme du Père GAKPE dans une note adressée aux minorités Togolaises pour un pays affamé de pain et de paix

Togo : Le cri d'alarme du Père GAKPE dans une note adressée aux minorités Togolaises pour un pays affamé de pain et de paix

Le Père Séverin GAKPE, chancelier de l’archidiocèse de Lomé, a marqué son 70e anniversaire non pas par une célébration mondaine, mais par une déclaration poignante et engagée sur la situation socio-politique du Togo. Ce prêtre, connu pour sa droiture morale et son attachement au bien commun, a profité de ce cap symbolique pour adresser un message fort à la nation togolaise, gouvernants comme opposants, et surtout au peuple, qu’il qualifie de « blessé et affamé ».

Muhammadu Buhari

Le Togo n’appartient ni au pouvoir ni à l’opposition

Dans une formule simple mais puissante, le Père GAKPE a rappelé une vérité fondamentale : le Togo appartient à tous les Togolais. Ni monopole du pouvoir en place, ni terrain de jeu de l’opposition, le pays ne saurait continuer à être ce « ballon de foot » que se renvoient les acteurs politiques pendant que la population ploie sous la misère.

« Le Togo doit cesser d’être une balle que l’on se renvoie sans cesse », a-t-il martelé.

C’est un appel à la responsabilité collective, à sortir de la logique des égos politiques pour se tourner vers l’intérêt national.

Des gouvernants déconnectés de la réalité

Sans ambages, le Père GAKPE interpelle directement les autorités togolaises : « Votre peuple a faim de pain et de paix. » À travers cette phrase, il résume l’état de désespérance généralisée. Il pointe du doigt l’incapacité du régime à répondre aux besoins élémentaires des citoyens. Les jeunes, diplômés mais sans avenir, se retrouvent à conduire des taxi-motos, faute de débouchés. Le système semble verrouillé, les frustrations s’accumulent, mais les gouvernants restent sourds aux cris de détresse.

Une opposition passive et sans cap

L’opposition politique n’échappe pas non plus aux critiques. Pour le prêtre, se contenter de dénoncer le pouvoir en place ne suffit plus. Il appelle à des propositions concrètes et à un véritable projet alternatif :

« Dire que cette famille est au pouvoir depuis trop longtemps, c’est insuffisant. C’est cela, votre projet ? »

Cette interpellation traduit un profond désenchantement vis-à-vis d’une opposition perçue comme inefficace, prisonnière de la rhétorique victimaire, mais incapable d’incarner une véritable voie de sortie.

CSAF

L’État de droit en péril : le viol des lois

L’image employée par le Père GAKPE est dure mais révélatrice : le viol des lois équivaut à un viol de la nation. Il s’indigne de voir les textes républicains piétinés par tous gouvernants, jeunes, magistrats sans aucune conséquence. L’impunité est devenue la norme. Or, comme il le rappelle, toute forme de violation laisse des blessures durables, surtout sur le tissu social.

Le courage politique : un impératif moral

Le Père GAKPE lance un appel au Président de la République lui-même. Il l’exhorte à faire preuve de discernement personnel au lieu de suivre aveuglément les conseils intéressés de son entourage. Le courage politique, dit-il, c’est gouverner avec l’âme, pas avec l’estomac. Il appelle à un sursaut éthique, à la réhabilitation du sens du devoir et de la vérité dans la conduite des affaires publiques.

Un appel spirituel à l’unité et à la paix

En écho aux nombreux appels des évêques togolais restés sans suite, le Père GAKPE rappelle que les prêtres sont les témoins quotidiens de la souffrance du peuple. Ils reçoivent les confidences, les larmes, les colères silencieuses. Et pourtant, malgré cette proximité avec la douleur du peuple, leurs voix demeurent ignorées. Cette marginalisation du message spirituel est le signe d’un effondrement plus large des repères moraux.

Une ultime prière : Donnez-nous le pain et la paix

En conclusion, le Père GAKPE résume l’aspiration profonde du peuple togolais :

« Nous avons faim de pain, nous avons faim de paix. »

Cette phrase résonne comme un cri du cœur, une prière adressée à tous les responsables politiques et sociaux pour qu’enfin, les priorités changent et que le peuple retrouve sa dignité. À 70 ans, le chancelier de l’archidiocèse de Lomé affirme ne plus craindre la mort, mais vouloir voir, avant de partir, un Togo réconcilié avec lui-même.

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