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Togo : La prison devient un tombeau silencieux pour les opposants politiques , Combien de morts faudra-t-il pour parler de crime d’État ?

Togo : La prison devient un tombeau silencieux pour les opposants politiques , Combien de morts faudra-t-il pour parler de crime d’État ?

L’histoire retiendra peut-être leurs noms. Ou les effacera comme elle a effacé leurs droits. Treize prisonniers politiques togolais, survivants d’un système carcéral implacable, lancent une ultime alerte. Leur crime ? Avoir cru à la liberté d’expression. Leur sentence ? Des années d’oubli, de douleurs, de tortures. Pendant ce temps, le Président du Conseil joue au médiateur sur la scène internationale, ignorant sciemment ceux qui souffrent dans l’ombre de son propre pays.

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C’est ce drame que dénoncent treize prisonniers politiques togolais dans une lettre de détresse adressée à la CEDEAO, aux organisations nationales et internationales de défense des droits humains. Un courrier poignant, dans lequel ils expriment à la fois leur douleur, leur incompréhension et leur espoir brisé face à un système judiciaire qui les a abandonnés.

Des condamnés oubliés dans leur propre pays

Les signataires de la lettre sont clairs : ils ne demandent pas de faveurs, mais la reconnaissance de leur humanité. Condamnés à l’issue de procès controversés, ils dénoncent des violations flagrantes de leurs droits fondamentaux, depuis leur arrestation jusqu’à leur détention actuelle. Conditions sanitaires désastreuses, absence de soins, alimentation précaire, traitements inhumains… Le tableau est sombre et pourtant bien réel.

Certains sont désormais handicapés à vie. D’autres vivent avec des douleurs chroniques, sans assistance médicale. Et tous sont séparés de leurs familles depuis des années, sans perspectives de libération, ni même d’espoir d’un nouveau procès équitable.

Une compassion à géométrie variable ?

Le contraste est saisissant. Alors que Faure Gnassingbé, Président du Conseil togolais, s’était personnellement investi pour obtenir la libération de 49 militaires ivoiriens incarcérés au Mali en 2022 un geste salué à l’époque pour ses vertus diplomatiques aucun acte similaire n’a été entrepris envers ces Togolais, ses propres compatriotes.

Les prisonniers politiques s’étonnent, s’indignent même, de cette indifférence apparente. « Pourquoi cet élan de diplomatie humanitaire à l’international, alors que des citoyens togolais croupissent dans l’oubli total ? », interrogent-ils dans leur lettre. Cette absence de clémence nationale interroge l’équité du pouvoir en place et révèle les failles criantes d’un système qui semble plus prompt à sauver des étrangers qu’à secourir les siens.

Une détention politique qui ne dit pas son nom

Si le Togo se refuse à reconnaître officiellement l’existence de prisonniers politiques, les faits, eux, parlent d’eux-mêmes. Les condamnés sont tous des militants, des journalistes, ou des activistes, poursuivis pour des motifs politiques. Derrière des chefs d’accusation souvent flous « atteinte à la sûreté de l’État », « apologie de crimes » se cache une volonté évidente d’étouffer la dissidence.

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Quant à ceux qui n’ont pas encore été jugés, la situation est encore plus préoccupante. Plusieurs dizaines d’entre eux, à l’instar de Jean-Paul Omolou, sont détenus dans des lieux non conventionnels, en dehors de toute procédure légale connue. Une pratique qui s’apparente à une disparition forcée, interdite par les conventions internationales.

Un appel à la conscience nationale et internationale

La lettre des treize prisonniers est bien plus qu’une simple plainte. C’est un appel vibrant à la solidarité, à la justice, à l’éveil des consciences. Les signataires exhortent les institutions togolaises à rompre avec l’impunité, à réformer en profondeur le système judiciaire et à libérer sans condition tous les prisonniers d’opinion.

Ils interpellent aussi les citoyens, les médias, la diaspora togolaise et les ONG, afin que leur cause ne tombe pas dans l’oubli. Car, disent-ils, « la lutte pour les droits humains n’est pas une faveur accordée aux puissants, mais un devoir envers les faibles ».

À travers leur message, c’est toute une nation qui est interpellée : peut-on encore parler d’État de droit quand la justice devient un instrument de répression ?

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