Santé
Togo : la drépanocytose touche des milliers d’enfants, un projet lancé pour renforcer le dépistage
La Drépanocytose, également appelée anémie falciforme, demeure l’une des maladies génétiques les plus répandues dans le monde. Au Togo, elle affecte particulièrement les enfants, dont beaucoup grandissent sans diagnostic ni suivi médical adapté, en raison du manque de dépistage systématique à la naissance.
Une maladie encore largement sous-diagnostiquée
Selon le Dr Raymond Kouassi, médecin au Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD), environ 16 % de la population togolaise est porteuse saine du gène responsable de la maladie. Par ailleurs, près de 1,3 % des Togolais présentent la forme la plus sévère, dite SS.

Ces chiffres traduisent l’ampleur du problème de santé publique. En pratique, cela signifie que de nombreux enfants vivent avec la maladie sans le savoir, ce qui les expose à des complications graves, parfois mortelles.
Plusieurs obstacles au suivi médical
Malgré l’existence du Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires, créé en 2018 et qui assure aujourd’hui le suivi de plus de 5 000 patients, un grand nombre d’enfants échappent encore au système de prise en charge.
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : l’absence de dépistage systématique dès la naissance, le manque d’information des populations, la précarité financière de nombreuses familles et certaines croyances socioculturelles qui attribuent encore la maladie à des causes mystiques.
Dans certaines localités, comme dans la commune de Golfe 7, ces difficultés ont des conséquences directes sur la santé des enfants, mais aussi sur leur scolarité et leur intégration sociale.
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Le projet ABED-Maritime pour améliorer la prise en charge
Face à ces défis, l’ONG Engagement Santé et Education pour Tous (ESET-Togo) a lancé le projet ABED-Maritime (Accompagnement pour le bien-être des enfants drépanocytaires dans la région Maritime). L’initiative bénéficie du soutien financier de la Santé navale française et se réalise en collaboration avec le ministère de la Santé du Togo.
Prévu pour une durée de six mois, de février à juillet 2026, ce programme vise notamment à réduire les complications liées à la maladie chez les enfants.
Sensibilisation, dépistage et soins
Le projet repose sur trois axes principaux : la sensibilisation dans les écoles, les centres de santé et les communautés, le dépistage d’au moins 500 enfants considérés comme vulnérables, ainsi que la prise en charge médicale incluant médicaments essentiels et conseils nutritionnels.
Selon la coordinatrice du projet, Julienne Honkou, cette initiative a pour ambition de contribuer à la diminution de la morbidité liée à la drépanocytose chez les enfants de la région.
Concrètement, les enfants dépistés positifs seront d’abord accueillis à la Maison ESET-Togo pour recevoir des produits de première nécessité, notamment des vitamines. Ils seront ensuite orientés vers le Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires pour bénéficier d’une prise en charge médicale adaptée.
Un diagnostic précoce, clé de la qualité de vie
Le projet sera mis en œuvre dans la commune de Golfe 7, notamment dans la zone de Sagbado. Les enfants atteints ou porteurs du gène, leurs familles et les communautés locales en seront les principaux bénéficiaires.
Les enseignants, agents de santé et leaders communautaires seront également impliqués dans les actions de sensibilisation.
Les spécialistes rappellent qu’un diagnostic précoce de la drépanocytose permet de réduire les crises douloureuses, de limiter les hospitalisations d’urgence et d’améliorer la scolarité ainsi que la qualité de vie des enfants concernés. À long terme, cela contribue aussi à augmenter leur espérance de vie.
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