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Togo : Jean-Pierre Fabre hausse le ton contre le régime et dit « Il faut savoir partir »
Le vendredi 11 juillet 2025, Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a tenu un discours puissant lors d’un grand meeting populaire organisé à Hanoukopé, dans la commune du Golfe 4 à Lomé. Face à ses sympathisants et à une jeunesse togolaise en ébullition, il a livré une adresse politique percutante, dénonçant les violences répressives du régime en place et appelant directement Faure Gnassingbé à quitter le pouvoir.

Cette prise de parole intervient dans un contexte de manifestations populaires qui se multiplient à travers le pays, à l’initiative notamment du Mouvement du 6 juin (M66), une coalition de jeunes activistes, blogueurs et artistes mobilisés contre la vie chère, les dérives autoritaires et le blocage démocratique.
L’engagement de la jeunesse et de la diaspora salué
Jean-Pierre Fabre n’a pas manqué de souligner l’implication croissante des jeunes, notamment ceux de la diaspora togolaise, dans le combat pour la démocratie. Selon lui, la dynamique actuelle a été initiée par une jeunesse éveillée, déterminée à exiger ses droits et à refuser la fatalité politique.
« Nos enfants réclament un avenir digne, une République où la liberté, la justice et la prospérité ne sont pas des privilèges, mais des droits garantis à tous », a-t-il lancé, visiblement ému. Il a salué le courage de ces jeunes qui ont manifesté pacifiquement les 6, 26, 27 et 28 juin, malgré les menaces et les brutalités policières.
Une dénonciation ferme des répressions
Le leader de l’ANC a vivement dénoncé la réponse violente apportée par le régime à ces manifestations pacifiques. Il accuse les autorités d’avoir instauré un climat de terreur à travers des arrestations arbitraires, des actes de torture et même des assassinats.
« Du sang a coulé. Des jeunes ont été blessés, arrêtés sans motif, d’autres portés disparus. Et pour toutes ces victimes, nous exigeons justice », a martelé Jean-Pierre Fabre. Il a demandé la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et l’arrêt des persécutions contre les voix dissidentes.

Un appel à la conscience des forces de sécurité
S’adressant directement aux forces de l’ordre, Fabre a tenté de les détacher du pouvoir en place. « Vous êtes les garants de la République, pas les boucliers d’un régime défaillant. Refusez de tirer sur vos frères désarmés. Ce serait un acte d’honneur, un vrai geste de patriotisme », a-t-il déclaré.
Il a encouragé les militaires et policiers à respecter leur serment envers la nation et à ne pas devenir des instruments de répression au service d’une élite politique isolée du peuple.
Une adresse directe à Faure Gnassingbé
Le passage le plus marquant de son discours fut sans doute son message direct au président Faure Gnassingbé. « Il est temps d’écouter ce peuple qui souffre, cette jeunesse qui crie sa détresse et réclame sa dignité. Il est temps de partir. Il faut savoir partir », a-t-il lancé d’un ton grave, citant un évêque ivoirien.
Jean-Pierre Fabre a accusé le régime RPT/UNIR d’avoir trahi la confiance du peuple, de gouverner sans légitimité, et de s’accrocher au pouvoir au mépris des aspirations populaires. « Gouverner contre le peuple est une impasse. Le pouvoir ne peut s’imposer éternellement par la peur et la répression », a-t-il prévenu.
Une contestation qui ne faiblit pas
Alors que le gouvernement tente de maintenir le calendrier des élections municipales du 17 juillet, l’opposition continue de mobiliser. Des appels à de nouvelles manifestations ont été lancés, malgré les intimidations. Du côté de l’exécutif, des mesures de sécurité ont été annoncées pour contenir d’éventuels débordements.
Mais sur le terrain, les frustrations grandissent. De plus en plus de Togolais rejoignent les rangs des contestataires, convaincus que l’heure du changement est venue. L’ANC, tout comme le M66, entend maintenir la pression jusqu’à obtenir des garanties de transition démocratique.
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