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Togo : Gouvernement démissionnaire, mais toujours aux ordres , vers une imposture politique durable ?

Togo : Voici la liste complète du nouveau gouvernement

Le 4 juillet 2025, alors que les stigmates des violentes répressions des 5, 6, 26, 27 et 28 juin sont encore vives dans les esprits, le gouvernement togolais officiellement démissionnaire depuis plus de deux mois a convié le corps diplomatique à une séance d’explication. Objectif affiché : donner sa version des récents événements sociopolitiques survenus dans le pays. Autour de la table au ministère des Affaires étrangères à Lomé : Robert Dussey, Awate Hodabalo, Calixte Madjoulba, Isaac Tchiakpé et Pacôme Adjourouvi.

Muhammadu Buhari

À entendre les ministres, tout irait pour le mieux dans un Togo « calme » et « prospère », et les violences récentes seraient le fait de « terroristes numériques » ou de « jeunes drogués manipulés par des forces extérieures ». Pourtant, les faits rapportés par des témoins, les vidéos amateurs et les bilans humains contredisent cette version édulcorée.

Une stratégie de déni systématique

Le gouvernement sortant a fait preuve d’un refus total de reconnaître la gravité des répressions exercées sur des manifestants pacifiques. Aucune mention des morts, des blessés graves, ni des arrestations arbitraires. Aucun mot pour condamner les violences policières ni exprimer une once d’empathie envers les familles endeuillées.

Pourtant, les témoignages sur le terrain sont clairs : les manifestations, bien que non autorisées, ont été majoritairement pacifiques. Des jeunes, souvent désarmés, ont été pourchassés, battus, et certains ont perdu la vie. Plutôt que d’assumer une quelconque responsabilité, les ministres ont préféré blâmer des « images importées du Kenya », des « jeunes sous substances », et des « manipulateurs étrangers ».

Une communication gouvernementale à contre-courant des réalités

Il est difficile de ne pas noter l’écart abyssal entre les propos des membres du gouvernement et la réalité vécue par les citoyens. Calixte Madjoulba, en déclarant que « l’État va agir pour encadrer les dérives des réseaux sociaux », sous-entend clairement une volonté de resserrer la censure. Isaac Tchiakpé, quant à lui, évoque des « agissements criminels fomentés par des groupes non institutionnalisés », une terminologie volontairement floue qui criminalise toute forme de contestation citoyenne.

Mais la palme du zèle revient sans doute à Pacôme Adjourouvi qui ose qualifier les mobilisations de « terrorisme ». Une déclaration gravissime, qui assimile toute contestation au crime organisé, et met en péril les fondements du débat démocratique.

Une transition piégée dans la dissimulation

Cette posture d’un gouvernement déjà démissionnaire, mais toujours aux commandes, inquiète plus qu’elle ne rassure. En refusant d’admettre les réalités du terrain, les autorités actuelles contribuent à renforcer la défiance et la radicalisation de la jeunesse togolaise. Au lieu de s’ouvrir à un dialogue sincère, elles s’enferment dans un récit officiel rigide et déconnecté.

CSAF

Le silence sur les morts, les tortures, et les arrestations arbitraires est non seulement un manquement moral, mais aussi un danger pour la cohésion nationale. Les Togolais réclament des réponses, des gestes d’apaisement, pas des discours formatés qui nient l’évidence.

Des ministres en quête de reconduction ?

Fait encore plus troublant : certains ministres, pourtant formés en Europe, comme Madjoulba, Adjourouvi ou Tchiakpé, adoptent aujourd’hui un discours autoritaire à l’extrême. Une attitude que d’aucuns qualifient de « tropicalisation du cynisme politique », motivée par le simple espoir d’une reconduction au sein d’un éventuel futur gouvernement.

Cette fidélité aveugle au pouvoir, combinée à une indifférence à la souffrance populaire, soulève des questions sur leur légitimité morale et politique à continuer de représenter l’État.

Une population debout face à l’arrogance politique

Malgré les intimidations et les violences, le peuple togolais ne baisse pas les bras. La quête pour une gouvernance transparente, respectueuse des droits humains, et attentive aux préoccupations du quotidien reste intacte.

En ignorant les appels au dialogue, en refusant de rendre justice aux victimes, le gouvernement sortant risque d’ouvrir la voie à une colère plus profonde, plus structurée, plus déterminée.

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