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TOGO – Drame routier : 21 blessés, 8 morts, 2 nourrissons écrasés

TOGO – Drame routier : 21 blessés, 8 morts, 2 nourrissons écrasés

Le silence après l’impact. Puis les cris, les pleurs, les corps éparpillés dans un ravin devenu un charnier improvisé. Samedi 26 juillet, à Tchindique, un simple virage a englouti des vies. Huit morts, dont des nourrissons au regard encore neuf sur le monde, arrachés à la vie dans un chaos de tôle froissée, de sang et de poussière. Vingt-et-un blessés gémissants, coincés entre des sacs de marchandises et les débris tranchants du minibus venu du Bénin. Ce n’est pas un accident. C’est une tragédie annoncée. Une répétition morbide sur les routes du Togo où l’asphalte se conjugue trop souvent avec la mort. Ce drame n’est pas un hasard : il est le fruit de l’indifférence, du laxisme, de l’oubli des zones rurales. Et pendant que des familles pleurent, une question hurle dans le vide : combien d’autres devront périr avant qu’on n’ose réagir ?

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Le scénario du drame

Le véhicule impliqué, un minibus Mercedes-Benz immatriculé au Burkina Faso, transportait à la fois des passagers et des marchandises. Parti du marché de Tanguéta au Bénin et se dirigeant vers le Burkina Faso, le bus a subitement dérapé dans un virage, avant de basculer dans un ravin. La violence du choc a été telle que plusieurs passagers ont été éjectés, et d’autres coincés sous les débris. Les secours, alertés immédiatement, sont intervenus en urgence pour extraire les victimes.

Selon le communiqué du gouvernorat des Savanes, le bilan est lourd et tragique :

  • 8 personnes ont perdu la vie sur le coup, dont 4 femmes, 2 enfants et 2 nourrissons.
  • 21 autres ont été grièvement blessées, parmi lesquelles 14 hommes, 6 femmes et 1 enfant.

Les blessés ont été évacués vers le Centre Hospitalier Régional de Dapaong, où ils ont été admis pour des soins intensifs.

Une réaction officielle rapide mais des questions persistantes

Le gouverneur des Savanes, Affoh Atcha-Dedji, s’est rendu dès les premières heures du drame au chevet des victimes. Il a exprimé la compassion et la solidarité du gouvernement envers les familles endeuillées, tout en saluant les efforts des services de secours mobilisés. Une réunion de crise s’est tenue le lendemain, réunissant les forces de sécurité, de défense et de protection civile, afin d’examiner les mesures d’urgence à mettre en place pour prévenir d’autres tragédies similaires.

L’accent a été mis sur le renforcement du respect du code de la route, en particulier dans les zones à risque connues pour leurs virages dangereux et les cas de surcharge récurrents. Les autorités envisagent également des contrôles accrus sur les transports transfrontaliers, notamment sur l’axe Bénin-Togo-Burkina, où la sécurité reste précaire.

Une tragédie symptomatique d’un mal plus profond

Cet accident n’est pas un cas isolé. Il illustre les failles structurelles du réseau routier togolais, surtout dans la région des Savanes, où les infrastructures sont vétustes, mal entretenues et peu sécurisées. Les routes, souvent étroites et mal balisées, cumulent les dangers : virages à risque, absence de signalisation, mauvais éclairage et surcharge des véhicules.

CSAF

La surcharge en particulier est une pratique courante sur les routes reliant les trois pays frontaliers, où les conducteurs, en quête de profit, n’hésitent pas à dépasser les limites autorisées, mettant en danger la vie de leurs passagers. À cela s’ajoute le manque de sensibilisation des conducteurs sur les risques liés à la conduite sur des axes montagneux ou mal stabilisés.

Une urgence nationale : sécuriser nos routes

Cet accident ravive le débat sur la responsabilité de l’État dans la prévention des drames routiers. Il est urgent de réformer en profondeur la politique nationale de sécurité routière, en renforçant :

  • La signalisation et la sécurisation des virages dangereux,
  • Les contrôles stricts des chargements sur les véhicules inter-États,
  • La formation et la responsabilisation des conducteurs,
  • L’entretien régulier des infrastructures existantes, notamment sur des axes secondaires souvent oubliés des budgets d’investissement public.

Chaque mort sur la route est une vie perdue que l’on aurait peut-être pu sauver par des actions préventives appropriées. À l’heure où le gouvernement affirme son ambition de développement, ne rien faire face à ces drames réguliers équivaut à une abdication face à la fatalité.

En guise d’hommage

Au-delà des statistiques, ce sont des familles brisées, des enfants orphelins, des destins anéantis. La population de Tchindique et de la préfecture de Tône reste sous le choc, et le pays tout entier endeuillé. Il revient à chacun État, société civile, transporteurs de tirer les leçons de cette tragédie et de faire en sorte que ces morts ne soient pas vaines.

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