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Togo : Détention provisoire à outrance, la CNDH tire la sonnette d’alarme
Au Togo, la détention provisoire est en passe de devenir une norme plutôt qu’une exception. C’est le constat alarmant dressé par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), lors d’une rencontre à Lomé le 9 mai 2025. Selon son président, Kwao Ohini Sanvee, plus de 50 % des détenus dans les prisons togolaises n’ont pas encore été jugés.

Quand l’attente se transforme en peine invisible
Conçue comme une mesure exceptionnelle, la détention provisoire est de plus en plus systématique. « Dans certains cas, des prévenus restent enfermés deux ans pour des délits passibles de trois ans », s’est indigné M. Sanvee. Dans d’autres, les accusés passent autant d’années en détention que la peine encourue, sans jugement.
À la différence de la France, où des délais stricts sont imposés, le Togo ne prévoit aucune limite claire, ouvrant la voie à des incarcérations prolongées sans condamnation.
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Un système judiciaire sous pression
Plusieurs facteurs expliquent cette situation préoccupante :
- Un manque criant de juges et de personnel judiciaire
- Une surcharge de dossiers et des enquêtes au ralenti
- Des prisons vétustes et surpeuplées, héritées de l’époque coloniale
- Une pression sociale qui confond détention et justice rendue
L’explosion des dossiers de cybercriminalité complexifie davantage le traitement judiciaire, contribuant au retard dans les procédures.

Des solutions proposées pour sortir de l’impasse
Face à cette crise, la CNDH recommande des réformes urgentes :
- Limiter légalement la durée de la détention provisoire
- Promouvoir des alternatives telles que la caution, la surveillance électronique ou l’assignation à résidence
- Moderniser l’appareil judiciaire pour accélérer les procès
- Renforcer la formation des magistrats et des enquêteurs
La Commission appelle également à un changement de mentalité, invitant la société à ne plus considérer la détention comme un gage automatique de justice.
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