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Togo : Des magistrats formés aux droits sexuels et reproductifs, vers une dépénalisation de l’avortement ?

Togo : Des magistrats formés aux droits sexuels et reproductifs, vers une dépénalisation de l’avortement ?

À Kpalimé, le droit rencontre la santé reproductive. Dans un contexte où les débats autour de l’avortement sécurisé et des droits sexuels et reproductifs (DSR) restent encore sensibles au Togo, un atelier inédit s’est ouvert ce 23 juillet 2025, réunissant une cinquantaine de magistrats. Objectif : confronter le droit national aux standards internationaux et amorcer, peut-être, une révision profonde du cadre juridique togolais. À l’initiative d’Ipas Afrique Francophone et de l’ATBEF, cette rencontre marque un tournant silencieux mais potentiellement décisif dans le combat pour les droits des femmes et des filles. Une étape de plus vers la dépénalisation de l’avortement ? La question est désormais sur la table.

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Des enjeux juridiques cruciaux pour la santé des femmes

Alors que les débats autour de l’avortement sécurisé, de la santé maternelle et des violences basées sur le genre prennent de l’ampleur en Afrique, le Togo tente de faire bouger les lignes en impliquant directement les acteurs du système judiciaire. L’objectif de cet atelier : aligner le droit national sur les engagements internationaux, notamment le Protocole de Maputo et les recommandations actualisées de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Il est impératif de garantir aux femmes et aux filles l’accès à des soins respectueux de leurs droits. Cela passe par une meilleure compréhension du cadre juridique », a insisté un représentant de la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), coorganisatrice de la rencontre avec le Centre de Formation des Professions de Justice (CFPJ).

Une approche participative pour déconstruire les préjugés

Pendant trois jours, les magistrats participeront à des exposés théoriques, des analyses de jurisprudence, ainsi qu’à des exercices pratiques (CVAT) destinés à renforcer leur capacité d’interprétation et de décision dans des affaires liées aux DSSR. Ces modules permettront notamment d’aborder les freins juridiques persistants : absence de clarté dans la loi, poids des tabous socioculturels, criminalisation partielle de l’avortement, ou encore lacunes dans la formation des magistrats sur ces thématiques.

Le renforcement de capacités vise aussi à favoriser un changement de regard sur les droits des femmes, dans un contexte où ces dernières subissent encore trop souvent des injustices liées à leur sexualité ou leur statut reproductif.

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Vers une réforme du Code pénal ?

L’un des points phares de cet atelier est l’ouverture d’un plaidoyer en faveur de la révision du Code pénal togolais. Les acteurs réunis à Kpalimé espèrent ainsi amorcer un processus de domestication des normes internationales déjà ratifiées, mais encore peu traduites dans la pratique judiciaire.

« Il ne s’agit pas seulement de parler de santé reproductive, mais de poser les bases d’un droit plus protecteur, plus inclusif, plus humain », résume un intervenant d’Ipas.

Cette réforme pourrait permettre, entre autres, de mieux encadrer l’accès à l’avortement sécurisé dans les cas prévus par la loi, de renforcer les sanctions contre les violences sexuelles, et de faciliter l’accès aux soins pour les adolescentes souvent laissées-pour-compte.

Des engagements concrets attendus

Les travaux s’achèveront le 25 juillet prochain avec l’adoption d’un plan d’actions. Les participants formuleront alors des recommandations concrètes, qui pourraient alimenter les futures orientations du ministère de la Justice et de celui de la Santé.

Pour les organisateurs, il ne s’agit pas d’un simple atelier de sensibilisation, mais bien d’un jalon stratégique dans un combat de longue haleine pour les droits humains, particulièrement ceux des femmes et des jeunes filles, qui continuent de payer le prix fort des défaillances du système judiciaire et de l’immobilisme politique.

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