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Togo – Cinquième République : un copier-coller de la Chine ?
Alors que le Togo inaugure sa cinquième République, le pays semble s’engager sur un chemin inspiré du modèle chinois : un parti dominant, des partis satellites tolérés mais sans réel pouvoir, et un contrôle centralisé qui laisse peu de place à la démocratie effective. Mais contrairement à la Chine, où ce système repose sur la justice sociale et le développement économique, le Togo risque de transformer ce modèle en stagnation et inégalités, avec une population de plus en plus désabusée face aux promesses non tenues.
Un parti dominant et des satellites : le miroir chinois
En Chine, le Parti communiste chinois (PCC) dirige sans partage depuis 1949. Officiellement, huit autres partis existent, mais leur rôle est strictement consultatif au sein de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). Ces partis ne disposent d’aucune opposition réelle et défendent uniquement des intérêts sectoriels.
Au Togo, le scénario semble se répéter à travers le parti UNIR, majoritaire et omniprésent, tandis que des partis comme le NET version Amim, le MRC Kaboua ou l’UFC remodelée par Alipui fonctionnent comme des satellites. Ces formations bénéficient de la tolérance du gouvernement, mais leur marge d’action reste limitée et elles ne remettent pas réellement en cause le pouvoir central.
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Les différences fondamentales avec la Chine
Malgré ces similitudes apparentes, il existe une distinction majeure entre les deux pays : la vision et l’efficacité du système politique. La Chine a fondé sa gouvernance sur la justice sociale, l’État de droit, la moralisation de la vie publique et une volonté réelle de développer l’économie et la technologie.
Le Togo, en revanche, semble marquer le pas sur ces principes. Les enrichissements sans cause se multiplient, l’impunité règne pour certains individus, et la parole politique sur le développement économique reste largement théorique. Au lieu d’un projet de nation structuré, le pays donne l’impression d’une gestion centrée sur les intérêts personnels d’une élite au pouvoir.
Conséquences pour la population togolaise
Ce modèle importé, ou prétendu tel, a des impacts directs sur la vie des citoyens. La population est confrontée à des inégalités croissantes, à une mobilité sociale limitée et à une montée de la frustration face aux promesses non tenues. La centralisation du pouvoir et l’absence d’une opposition crédible freinent les réformes essentielles, notamment dans l’éducation, la santé, et le développement économique.
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Ainsi, contrairement à la Chine qui progresse rapidement dans le classement économique mondial, le Togo stagne et s’enfonce dans une situation où le découragement populaire risque de s’accentuer.
Une cinquième République à risques
L’instauration de la cinquième République togolaise, au lieu d’apporter une gouvernance plus équilibrée, pourrait renforcer ce modèle de domination unipartite. Sans contrôle réel et sans opposition constructive, le risque est de creuser davantage le fossé entre une élite enrichie et une majorité en difficulté.
L’exemple chinois ne doit pas être imité mécaniquement : son succès repose sur des réformes structurelles, la discipline économique et l’innovation, des éléments encore absents du système togolais.
Conclusion
Si le Togo semble vouloir copier la Chine en matière de domination politique, la comparaison s’arrête là. L’efficacité, la justice sociale et le progrès économique qui font la force du modèle chinois sont pratiquement absents au Togo. Pour éviter que cette photocopie tourne au désastre, une vraie réforme des institutions, une moralisation de la vie publique et un développement économique sincère sont indispensables.
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