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Tabac : Le Togo brise le cercle vicieux des taxes et de la contrebande
Le Togo fait un pari stratégique : après avoir imposé une taxe d’accise de 100 % sur le tabac l’an dernier, le gouvernement a annoncé une réduction de cette taxe à 50 %. L’objectif ? Contenir une contrebande en forte hausse, alimentée par les disparités fiscales avec les pays voisins. Cette décision a été dévoilée mercredi par l’Office togolais des recettes (OTR), qui voit dans cette mesure un levier pour réduire l’évasion fiscale. « Une taxation trop élevée peut avoir un effet contraire à ce qui est recherché », a affirmé Philippe Kokou Tchodiè, commissaire général de l’OTR.

Le tabac et le dilemme des taxes élevées
L’expérience togolaise reflète un défi mondial : l’équilibre délicat entre taxation élevée pour dissuader la consommation et maintien d’une compétitivité fiscale pour éviter la contrebande.
En imposant une taxe de 100 %, le Togo a vu une augmentation des importations illégales. Les consommateurs et les commerçants se sont tournés vers les pays voisins, où les taxes sur le tabac sont nettement plus basses. Résultat : un manque à gagner pour l’État et un marché noir florissant.
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Un impact espéré sur les recettes et la lutte contre la contrebande
Avec cette réduction, les autorités espèrent :
- Rapatrier les transactions dans le cadre légal : En rendant le marché togolais plus compétitif, les consommateurs seront incités à acheter localement.
- Améliorer la collecte fiscale : En réduisant la pression fiscale, l’État pourrait capter une part plus importante du marché du tabac.
- Réduire les activités illégales transfrontalières : La contrebande devrait devenir moins attractive à mesure que les écarts de taxation se réduisent.

Une stratégie fiscale qui suscite des débats
Cette mesure, bien qu’encouragée par des experts fiscaux, divise l’opinion publique. Certains estiment qu’elle pourrait favoriser une consommation accrue de tabac, contre les objectifs de santé publique. D’autres, cependant, soulignent qu’une meilleure gestion fiscale est essentielle pour financer les programmes de santé à long terme.
Le Togo, par cette approche, ouvre une discussion plus large sur l’efficacité des taxes élevées comme outil de dissuasion et sur la nécessité de trouver des solutions adaptées aux réalités économiques et régionales.
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Une mesure à suivre de près
En ajustant sa politique fiscale, le Togo montre qu’il est possible de conjuguer pragmatisme économique et lutte contre les pratiques illégales. Ce pari audacieux pourrait bien servir de modèle pour d’autres pays confrontés aux mêmes défis.
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