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Soudan du Sud : Coupure des réseaux sociaux pour 90 jours face à une crise sanglante
Le gouvernement sud-soudanais a annoncé un blocage temporaire des réseaux sociaux pour une durée allant jusqu’à 90 jours. Cette décision intervient après la diffusion de vidéos choquantes montrant des meurtres présumés de citoyens sud-soudanais dans l’État d’El Gezira, au Soudan. Ces images ont déclenché une série de représailles violentes dans le pays, en particulier à Juba, la capitale.

Émeutes meurtrières : des tensions incontrôlées
Les vidéos diffusées sur des plateformes comme Facebook et TikTok ont suscité une vague de colère parmi les jeunes sud-soudanais. Des manifestations violentes ont éclaté la semaine dernière, entraînant des émeutes, des incendies et des pillages. Environ 16 Soudanais ont été tués dans la capitale et ses environs, tandis que des propriétés appartenant à des citoyens soudanais ont été détruites.
Face à cette escalade, Napoleon Adok, directeur général de l’Autorité nationale des communications, a ordonné le blocage des réseaux sociaux pour éviter une propagation accrue de la violence.
« Ces bouleversements exposent notre population à des niveaux de violence extrême sans précédent via les publications sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré.
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Un accès limité aux plateformes majeures
Les fournisseurs de téléphonie mobile tels que MTN South Sudan et Zain ont confirmé que des plateformes populaires comme Facebook, TikTok, et d’autres services seraient inaccessibles pendant cette période. Cette mesure, bien qu’expliquée comme nécessaire pour préserver la sécurité nationale, a suscité des réactions controversées.

Des inquiétudes pour la liberté d’expression
La décision de bloquer les réseaux sociaux a été critiquée par plusieurs Sud-Soudanais, dont Isaac Anthony Lumori, alias Mc Lumoex, un artiste influent.
« En tant qu’artiste, je dépends beaucoup des réseaux sociaux pour communiquer et partager mon travail. Mon message au gouvernement est d’opter pour un dialogue avec le Soudan plutôt que de priver la population de cet outil essentiel », a-t-il déclaré.
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Tensions diplomatiques persistantes
L’armée soudanaise a qualifié les événements d’El Gezira de simples « violations individuelles », mais la situation a amplifié les tensions entre les deux pays. Les meurtres présumés et l’absence de réponses concrètes de Khartoum ont laissé les Sud-Soudanais en colère, renforçant un climat de méfiance entre les deux nations.
Un équilibre délicat à maintenir
Alors que le gouvernement justifie cette interdiction par la nécessité de protéger les citoyens et d’atténuer les violences, cette décision soulève des questions sur la liberté d’expression et l’impact des restrictions numériques sur la vie quotidienne. Les 90 jours à venir seront cruciaux pour observer si le blocage des réseaux sociaux parviendra à ramener le calme ou exacerbera encore les frustrations de la population.
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