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Recensement sous tension au Togo : un chef de canton poursuit un chef de quartier avec un couteau
L’opération de révision des listes électorales, censée se dérouler dans le calme, a été marquée par un grave incident dans la préfecture du Bas-Mono. Un chef de canton, armé d’un couteau, s’en est violemment pris à un chef de quartier en plein centre de recensement.

Une scène de panique à l’EPP Agbétiko
Le 7 avril 2025, au premier jour du recensement dans la région Maritime, un événement choquant s’est produit dans le centre de recensement et de vote (CRV) de l’École primaire publique Agbétiko, dans le Bas-Mono. Le chef de canton, Togbui Kouegan LAKOUSSAN IV, a fait irruption dans la salle d’enrôlement, un couteau à la main. Sa cible : le chef de quartier Messanvi MESSAN 1er, représentant local de la personne ressource.
Selon plusieurs témoins, le chef de canton a lancé des menaces de mort avant de tenter de poignarder le chef de quartier, qui a réussi à fuir la salle, poursuivi dans la cour de l’école par son agresseur.
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Climat d’intimidation et discours xénophobe
L’attaque ne s’est pas arrêtée à cette tentative d’agression. De retour dans la salle, Kouegan LAKOUSSAN IV aurait insulté un membre de la Commission locale de coordination ainsi qu’un opérateur de saisie, exprimant son opposition à la présence d’ »étrangers » sur ce qu’il considère être son territoire. Ces propos, jugés discriminatoires et contraires à l’esprit républicain du processus électoral, ont fortement troublé le bon déroulement de l’opération.

Des tensions déjà signalées avant le lancement du recensement
Les autorités préfectorales révèlent que ce dérapage n’est pas survenu sans signes avant-coureurs. À la veille du lancement officiel, des menaces auraient été proférées, notamment par le biais d’un proche du chef de canton. Son conseiller, LAKOUSSAN Kouévi Travo, aurait même expulsé les agents recenseurs du site initial, les contraignant à se réorganiser.
C’est grâce à l’intervention d’un autre chef de quartier, Togbui Kokou AMOUZOU 1er, que les opérations ont pu reprendre dans un climat plus serein.
Des antécédents préoccupants et une affaire suivie de près
Ce n’est pas la première fois que le chef de canton d’Agbétiko est mis en cause. D’après des sources locales, il aurait déjà eu des comportements hostiles envers les habitants et les agents publics en poste dans sa circonscription.
Informé de la gravité des faits, le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière a été saisi. À ce jour, aucune communication officielle n’a été faite sur d’éventuelles sanctions ou poursuites judiciaires, mais l’affaire suscite une vive inquiétude dans un contexte électoral déjà sensible.
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