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Protectionnisme : Les étrangers exclus de certaines entreprises locales
Il est désormais interdit aux ressortissants étrangers de posséder et d’exploiter certaines petites entreprises dans ce pays d’Afrique de l’Est, la Tanzanie, où les autorités veulent protéger les commerçants locaux et orienter les investisseurs vers de plus grandes sociétés.

Selon le gouvernement, l’objectif est double : protéger les moyens de subsistance des commerçants tanzaniens et inciter les investisseurs étrangers à se tourner vers des entreprises de plus grande envergure.
Une réponse à la concurrence chinoise
Cette décision survient après plusieurs années de tensions liées à la présence grandissante d’hommes d’affaires chinois dans le petit commerce. En 2023, des commerçants de Dar es Salaam avaient manifesté contre ce qu’ils qualifiaient de « concurrence déloyale et agressive ».
Les investissements chinois en Tanzanie atteignent des montants colossaux : 3,5 milliards de dollars injectés en six mois dans le cadre des « Nouvelles routes de la soie », selon l’Université Griffith en Australie. Les secteurs visés dépassent largement le petit commerce, incluant l’énergie, les mines, l’agriculture et même la culture des algues.
Un accueil favorable dans le pays
La mesure est saluée par une grande partie de la population. « Elle protège les moyens de subsistance des commerçants tanzaniens », s’est félicitée Severine Mushi, présidente de l’association des commerçants de Kariakoo à Dar es Salaam, dans les colonnes du journal Citizen.
Avec une population de 68,5 millions d’habitants, la Tanzanie cherche à préserver son tissu économique local, souvent fragilisé par les capitaux étrangers.

Le Kenya monte au créneau
La décision tanzanienne a cependant déclenché une vive réaction du Kenya, voisin et partenaire commercial important. Le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a rappelé que plus de 250 000 Kényans vivent ou font des affaires en Tanzanie, et a demandé le respect des accords bilatéraux et des principes de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), qui garantissent la libre circulation des personnes et des biens.
Ces tensions ne sont pas nouvelles. En 2021 déjà, des interdictions d’importation décrétées par la Tanzanie avaient provoqué un bras de fer commercial avec Nairobi.
Des menaces de représailles
Face à cette nouvelle interdiction, certains responsables politiques kenyans agitent la menace de représailles. Bernard Shinali, président de la commission du commerce de l’Assemblée nationale, a ainsi averti : « Il y a beaucoup de Tanzaniens qui travaillent sur nos sites miniers ».
Un nouvel épisode qui pourrait raviver les tensions diplomatiques et commerciales entre les deux puissances d’Afrique de l’Est.
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