Se connecter avec nous

Actualités

Mali : L’État reprend le contrôle de la mine d’or de Loulo-Gounkoto

Ressources minières : une manne qui pèse encore peu dans le budget togolais

Le Tribunal de commerce de Bamako a pris une décision historique qui redessine le paysage minier malien : la mine d’or de Loulo-Gounkoto, exploitée par le géant canadien Barrick Gold, est désormais placée sous administration provisoire de l’État. Une mesure qui illustre la montée en puissance de la justice malienne dans la protection des ressources stratégiques du pays.

manifestations

Une décision de justice symbolique et stratégique

Le 18 juin 2025 restera une date importante dans l’histoire économique du Mali. Le Tribunal de commerce de Bamako a officiellement décidé de confier la gestion de la mine de Loulo-Gounkoto à un administrateur provisoire, en l’occurrence Soumana Makadji, pour une durée de six mois. Cette décision fait suite à une suspension prolongée de la production depuis janvier 2025, dans un contexte de litige non résolu entre l’État malien et la société minière Barrick Gold.

Loin d’être un simple acte administratif, cette décision revêt une portée politique forte : elle marque la volonté de l’État malien de reprendre le contrôle sur ses ressources naturelles, dans un contexte régional où les enjeux de souveraineté économique sont de plus en plus centraux.

Une mine au cœur des enjeux économiques et sociaux

La mine de Loulo-Gounkoto, l’un des plus importants sites aurifères du Mali, représente une source majeure de revenus pour l’État et un pôle d’emploi crucial pour des milliers de travailleurs. Sa mise à l’arrêt avait suscité de vives inquiétudes, tant sur le plan économique que social.

Avec cette décision de justice, les autorités maliennes entendent relancer la production, préserver les emplois et éviter une paralysie prolongée de l’activité dans un secteur vital pour le pays. C’est également un signal fort envoyé aux populations et aux partenaires internationaux : le Mali est déterminé à faire respecter ses droits et à défendre ses intérêts face aux entreprises étrangères, quelle que soit leur puissance.

Un litige aux enjeux financiers colossaux

Derrière cette affaire se cache un différend de grande ampleur : l’État malien réclame entre 300 et 600 milliards de FCFA (soit entre 529 millions et 1,05 milliard de dollars américains) à Barrick Gold, dans le cadre de différents contentieux liés à la fiscalité, aux obligations contractuelles et à la gestion de la mine.

Un accord à l’amiable avait été esquissé, portant sur 275 milliards de FCFA, mais n’a jamais été finalisé. Barrick, de son côté, conteste toujours ces réclamations et a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), ajoutant ainsi une dimension internationale à un conflit qui cristallise les tensions entre multinationales minières et États africains.

CSAF

Une justice nationale en première ligne

La particularité de cette affaire réside dans le rôle central joué par la justice malienne. En prenant cette décision courageuse et souveraine, le Tribunal de commerce de Bamako a démontré sa capacité à arbitrer des litiges complexes, à garantir le respect des règles de droit, et à faire primer l’intérêt général sur les considérations privées.

Cette intervention judiciaire constitue une avancée majeure vers une justice économique nationale renforcée, capable de se positionner face à des acteurs internationaux puissants.

Un acte de souveraineté qui inspire

Dans un contexte où les pays du Sahel revendiquent de plus en plus leur autonomie stratégique, notamment dans les domaines sécuritaire, énergétique et économique, cette décision malienne est perçue comme un exemple de courage politique et juridique. Elle rejoint d’autres initiatives de pays africains visant à repenser les contrats d’exploitation minière, à renégocier les termes d’échanges et à valoriser les ressources locales au profit des populations.

La suite dépendra de l’évolution des négociations avec Barrick et du verdict du CIRDI. Mais pour l’heure, le Mali a marqué un point décisif : celui de la souveraineté assumée sur ses richesses.

Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

CSAF

Copyright © 2025 POWERED BY DM COMMUNICATION