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Le Ghana supprime les bons de carburant : Et si le Togo faisait pareil , qui hurlerait le plus fort ?
Alors que le Ghana enclenche des réformes audacieuses pour rationaliser les dépenses publiques, le Togo, lui, continue d’alimenter un système de gaspillage, d’abus et d’indifférence totale face à l’effondrement social.

Des véhicules de fonction transformés en taxis privés
Au Togo, la fonction publique devient parfois un terrain d’abus insupportables, notamment en matière de gestion des ressources affectées aux hauts responsables de l’État. Dans une récente enquête publiée le 16 juin 2025, notre rédaction révélait que plusieurs hauts dignitaires du régime en place utilisent les bons de carburant et les véhicules de service à des fins personnelles. Des pratiques qui n’ont suscité aucune réaction officielle, malgré leur coût exorbitant pour les finances publiques.
Le week-end, il n’est pas rare de voir ces véhicules d’État sillonner les rues de Lomé et d’autres villes pour transporter famille, amis, ou même fonctionner comme des taxis privés. Cette privatisation déguisée du patrimoine public est un secret de polichinelle, auquel les citoyens assistent impuissants, pendant que les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles de craies, et les ménages d’électricité.
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Des moteurs qui tournent pour… la climatisation
Plus grave encore : certains agents de l’État, bénéficiant de bons de carburant illimités, n’hésitent pas à laisser leur moteur allumé pendant de longues périodes d’arrêt, sous prétexte de maintenir la climatisation à un niveau optimal. Une habitude dénoncée au sein même des administrations, mais qui perdure dans l’impunité totale.
Dans certains cas, les chauffeurs sont même sommés de faire tourner le moteur 30 minutes avant l’arrivée de leur patron, une absurdité écologique et économique. Ce luxe insultant, financé par les contribuables, s’inscrit dans une logique de prédation et d’indifférence face à la pauvreté généralisée.
Le Ghana prend une décision ferme et exemplaire
Pendant que le Togo persiste dans ces dérives, le Ghana, pays voisin, donne une leçon de gouvernance. Dans un communiqué diffusé le 15 juillet 2025, le Président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé la suppression immédiate de toutes les indemnités de carburant accordées aux hauts responsables nommés par le gouvernement. Une mesure radicale, destinée à réduire les dépenses de l’État et à rediriger les ressources vers des secteurs prioritaires tels que l’éducation, la santé et les infrastructures.
Cette décision s’inscrit dans un vaste programme d’assainissement budgétaire, déjà amorcé par une réduction du nombre de ministres et de membres du personnel à la Présidence, ainsi que la suppression des abonnements télévisés de luxe dans les bureaux étatiques.

Un leadership sobre, responsable et tourné vers les priorités sociales
Pour le porte-parole de la Présidence ghanéenne, Félix Kwakye Ofosu, il s’agit de « montrer l’exemple », dans un contexte où les sacrifices sont exigés de la population. Contrairement à certains dirigeants qui prônent l’austérité pour les autres tout en s’en exemptant eux-mêmes, le président Mahama applique à ses collaborateurs les principes qu’il défend publiquement : sobriété, équité et responsabilité.
Un semestre à peine après sa prise de fonction, le successeur de Nana Akufo-Addo pose des actes forts qui marquent une rupture avec les pratiques opaques du passé. Une volonté politique affirmée, qui contraste cruellement avec l’inaction prolongée au Togo.
Togo : l’État complice d’un sabotage organisé ?
Face à cette dynamique réformatrice chez son voisin, le silence du gouvernement togolais prend des allures d’approbation implicite. Malgré les dénonciations répétées de la société civile et des médias indépendants, aucune mesure concrète n’a été prise pour encadrer, limiter ou supprimer les avantages injustifiés liés au carburant.
Au contraire, le régime de Faure Gnassingbé, en place depuis deux décennies, continue d’encourager par son inaction une culture d’impunité qui saigne les finances publiques. À l’heure où les Ghanéens entament un chemin vers la rigueur et la justice sociale, les Togolais, eux, s’enfoncent dans un statu quo budgétivore et antisocial.
Une gouvernance qui choisit ses priorités : le Ghana regarde l’avenir, le Togo regarde ailleurs
Dans une Afrique en pleine mutation, où les opinions publiques deviennent plus exigeantes et les ressources de plus en plus rares, les choix politiques en disent long sur les priorités des dirigeants. Au Ghana, l’heure est à l’efficacité et à la rigueur ; au Togo, le système continue d’alimenter ses privilégiés sur le dos d’une population exsangue.
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