actualité
Guerre en Ukraine : 18 Togolais recrutés aux côtés des forces russes, 3 morts au front
La guerre entre Ukraine et Russie a également des répercussions jusque dans certains pays africains, dont le Togo. Selon un rapport publié le 11 février 2026 par le collectif d’investigation All Eyes On Wagner (AEOW) et l’ONG suisse INPACT, 18 ressortissants togolais auraient été enrôlés pour combattre aux côtés des forces russes. Trois d’entre eux auraient perdu la vie sur le champ de bataille.

Des promesses trompeuses pour attirer les recrues
Intitulé « Le business du désespoir », le rapport met en évidence les méthodes de recrutement utilisées pour compenser les pertes humaines dans le conflit. Depuis 2023, les réseaux liés à la Russie cibleraient notamment des jeunes Africains confrontés à des difficultés économiques.
D’après l’enquête, ces recrues se voient promettre plusieurs avantages : régularisation rapide de leur situation, salaire attractif, accès facilité à la citoyenneté russe, logement et prise en charge médicale. Toutefois, une fois engagés, ces jeunes seraient envoyés sur les lignes de front les plus exposées, souvent avec un entraînement limité et un équipement insuffisant.
LIRE AUSSI : Togo : le MMLK plaide pour une loi renforçant la protection des consommateurs
Trois Togolais parmi les victimes
Le rapport cite le nom de trois jeunes Togolais morts dans ce conflit : Dogan Komlan-Junior Mark, Koulekpato Dosseh et Sabi-Ifon Yaovi. Selon les données recueillies, leur présence sur le front n’aurait duré que quelques mois avant leur décès.
À l’échelle du continent africain, la base de données mentionnée dans le rapport recense 1 417 recrues africaines engagées dans ce conflit, dont 316 auraient été tuées. Les pays les plus représentés seraient notamment l’Égypte, le Cameroun et le Ghana.
Un phénomène déjà signalé auparavant
Ce dossier n’est pas nouveau au Togo. En mars 2025, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) avait déjà alerté les autorités togolaises sur le cas d’un étudiant togolais capturé sur le front en Ukraine.
Ce jeune, parti en Russie avec un visa d’études en août 2024, aurait été contraint de rejoindre les rangs de l’armée russe avant d’être envoyé au combat. Blessé lors des affrontements, il aurait ensuite été fait prisonnier par les forces ukrainiennes.
Suite à cette affaire, le ministère togolais des Affaires étrangères avait indiqué que plusieurs jeunes recrutés dans ce contexte avaient été trompés par de fausses promesses. Les autorités avaient également appelé la jeunesse à rester vigilante face aux offres de voyage ou de travail liées à la Russie.
Des appels à une réaction diplomatique
Interrogé sur la situation, Jean Emmanuel Gnagnon, président du Réseau des Leaders Africains pour la Démocratie, l’Émergence et le Renouveau (Réseau LeADER), a exhorté les jeunes à ne pas considérer la guerre comme une opportunité.
Selon lui, les autorités togolaises devraient rapidement entreprendre des démarches diplomatiques pour identifier les ressortissants concernés et étudier les possibilités de protection ou de rapatriement. Il appelle également à un accompagnement moral et social des familles touchées par cette situation.
Le Réseau LeADER recommande par ailleurs de renforcer la lutte contre les réseaux de recrutement clandestins et de sensibiliser davantage les jeunes aux risques liés à ces propositions.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

