Togo
Face à l’extrémisme et aux tensions pastorales : les chefs traditionnels en première ligne dans les Savanes togolaises
Du 13 au 14 mai, les villes de Dapaong et Mango ont accueilli deux journées d’ateliers à destination des chefs traditionnels de la région des Savanes, au nord du Togo. Organisées par la Direction de la chefferie traditionnelle (DCT) avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ces sessions ont visé à outiller les autorités coutumières face à deux défis majeurs : l’extrémisme violent et les tensions liées à la transhumance.

Un rôle central dans la prévention des conflits
Le gouverneur de la région, Affoh Atcha-Dedji, a ouvert les travaux en insistant sur la nécessité d’un engagement des leaders traditionnels dans la consolidation de la paix. « La cohésion sociale ne se décrète pas. Elle se construit à travers un maillage d’acteurs légitimes et enracinés dans les réalités locales », a-t-il déclaré, soulignant l’importance stratégique de ces figures d’autorité dans un contexte régional sous tension.
Un double enjeu : sécurité et cohabitation pastorale
À travers cette initiative, le ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie traditionnelle souhaite faire des chefs de canton, chefs de village et préfets des piliers de la stabilité locale. Selon le commissaire divisionnaire Vondoly Kodjo, directeur de la chefferie traditionnelle, « les chefs traditionnels, de par leur influence et leur autorité morale, sont les premiers à pouvoir désamorcer les tensions ».
Lire aussi : Vers une révolution budgétaire ? Le Togo envisage d’Intégrer l’AFROPAC
Deux communications principales ont marqué ces ateliers : l’une sur la prévention de l’extrémisme violent, assurée par Guenkou Messanh Geoffroy, et l’autre sur la gestion pacifique de la transhumance, animée par le Dr Tona Kwassi. Ces échanges ont mis en lumière la nécessité de mécanismes d’alerte communautaire et d’une meilleure régulation des pratiques pastorale.

Un contexte régional à haut risque
La région des Savanes, située à la frontière avec le Burkina Faso, est depuis plusieurs années exposée à l’infiltration de groupes armés opérant dans la zone sahélienne. Par ailleurs, la transhumance, bien qu’essentielle pour l’économie pastorale, est souvent à l’origine de tensions entre éleveurs nomades et communautés locales, notamment autour de l’accès aux terres et aux ressources.
Une approche communautaire de la sécurité
Face à cette double menace, le gouvernement togolais opte pour une stratégie préventive axée sur l’ancrage communautaire. En mobilisant les chefs traditionnels, il espère instaurer une sécurité humaine durable, participative et inclusive. Cette dynamique ne se limitera pas à la région des Savanes : d’autres ateliers similaires sont programmés dans le reste du pays pour renforcer cette politique de terrain.
##pastorales ##
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.
Rejoignez notre communauté télégramme pour ne rien manquer.

