Faits divers
Ethiopie : les étrangers interdits de voyager au Tigré, une décision qui inquiète
Les voyageurs étrangers sont désormais empêchés de se rendre au Tigré, une région du nord de l’Éthiopie marquée par l’instabilité politique et les tensions persistantes entre les autorités locales et le pouvoir central à Addis Abeba. C’est ce qu’a confirmé ce mardi 13 mai 2025 à l’AFP Wondimu Asamnew, proche de Debretsion Gebremichael, chef du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Malgré l’absence d’explication officielle, la mesure soulève des inquiétudes dans une région encore marquée par les séquelles d’une guerre meurtrière.
Le tourisme à l’arrêt dans une région historique
Le Tigré, notamment la ville d’Axoum célèbre pour son obélisque millénaire, était l’une des rares destinations touristiques accessibles aux étrangers en Éthiopie. Le Bureau de la culture et du tourisme du Tigré déplore une mesure « qui fait obstacle à la paix et à la stabilité que nous nous efforçons d’instaurer ».
Dans une région économiquement exsangue après des années de conflit, le tourisme représentait une source de revenus non négligeable, même à petite échelle.
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Deux ans après la guerre, la tension reste vive
Entre novembre 2020 et novembre 2022, une guerre dévastatrice a opposé les forces fédérales éthiopiennes – soutenues par l’armée érythréenne et des milices locales – au TPLF. Selon l’Union africaine, ce conflit aurait fait au moins 600.000 morts.
Bien qu’un accord de paix ait été signé fin 2022, des tensions internes au sein du TPLF et des relations toujours tendues avec Addis Abeba alimentent la crainte d’un retour à la violence.

Une interdiction pilotée par les services de renseignement ?
Selon le site d’information Africa Intelligence, les voyageurs étrangers tentant de se rendre dans les régions de l’Afar et du Tigré sont refoulés à l’aéroport international de Bole, à Addis Abeba. Cette directive émanerait du Service national du renseignement et de la sécurité (NISS), dirigé par Redwan Hussein, un proche du Premier ministre Abiy Ahmed.
Ni les autorités fédérales, ni la compagnie Ethiopian Airlines – seule à desservir la capitale du Tigré, Mekelle – n’ont, pour l’heure, répondu aux sollicitations de la presse.
Une décision lourde de conséquences diplomatiques
Cette interdiction pourrait fragiliser davantage les efforts de réconciliation et ternir l’image d’un pays qui cherche à tourner la page du conflit. À l’heure où la stabilité régionale demeure précaire, ce tour de vis sécuritaire soulève des interrogations sur les intentions réelles du gouvernement éthiopien et sur l’avenir du Tigré.
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