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Élections locales : La CENI est-elle l’arme électorale du régime ? L’ANC accuse et dénonce l’imposture
Alors que la campagne pour les élections municipales du 17 juillet 2025 se profile à l’horizon, le climat politique togolais s’échauffe. En ligne de front, l’Alliance nationale pour le changement (ANC), l’un des partis d’opposition les plus emblématiques du pays, dénonce de graves irrégularités dans l’organisation du processus électoral en cours. Dans une déclaration publiée ce jeudi, Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, monte au créneau et fustige l’architecture actuelle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qu’il juge « illégale, illégitime et inféodée au régime ».

Une CENI contestée et jugée obsolète
Selon Jean-Pierre Fabre, la recomposition partielle de la CENI opérée récemment ne prend pas en compte les évolutions institutionnelles du pays, notamment l’instauration d’un parlement bicaméral. Le président de l’ANC estime que la configuration actuelle de l’organe chargé de l’organisation des élections viole l’esprit et la lettre de la Constitution, contribuant ainsi à « semer le désordre électoral ».
L’opposant historique affirme que cette CENI « partiale et non représentative » fonctionne comme un instrument de prolongement du pouvoir exécutif, réduisant à néant les chances d’un scrutin juste et équitable. « Le peuple togolais ne saurait tolérer que son avenir démocratique continue d’être confisqué par un régime autoritaire qui s’accroche au pouvoir par la fraude et la répression », a-t-il martelé.
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Une exigence de chronogramme clair et de transparence
Au-delà de la CENI, l’ANC exige la publication urgente d’un chronogramme électoral clair et conforme à la loi. Selon le parti, l’absence de visibilité sur le calendrier réel des opérations électorales entretient un climat d’incertitude et d’illégalité. À cela s’ajoute une demande de conditions minimales de transparence, notamment la garantie d’un accès équitable aux médias, la liberté de campagne pour tous les candidats et l’arrêt des intimidations à l’encontre des opposants.
L’ANC dénonce par ailleurs les « privilèges iniques » accordés au parti au pouvoir, UNIR, qui jouirait d’un accès démesuré aux ressources de l’État, aux infrastructures publiques et aux médias d’État, en violation flagrante des principes d’équité électorale.

Vers un boycott ? Le silence stratégique de l’ANC
Si le ton est clairement à la dénonciation, le flou demeure sur la stratégie électorale de l’ANC. Le parti ne s’est pas encore prononcé officiellement sur sa participation ou non aux élections municipales à venir. Cette absence de position tranchée alimente les spéculations, certains observateurs redoutant un possible boycott du scrutin par l’opposition, comme cela fut le cas lors d’échéances passées.
Ce silence stratégique pourrait aussi refléter des dissensions internes ou une prudence tactique, en attendant une éventuelle ouverture du pouvoir à des négociations. Quoi qu’il en soit, le doute plane sur la crédibilité du scrutin à venir, et les inquiétudes autour de la transparence du processus électoral continuent de croître.
Une démocratie à la croisée des chemins
Cette sortie médiatique de l’ANC intervient dans un contexte national tendu, marqué par une crise de confiance entre les institutions et une frange importante de la population. Depuis plusieurs années, les élections au Togo sont régulièrement entachées d’accusations de fraude, de répression et de manque de transparence. Le recours à la rue, les boycotts et les contestations post-électorales sont devenus des composantes quasi systématiques du paysage électoral.
Dans ce climat d’incertitude, l’exigence d’une réforme électorale en profondeur et d’un cadre consensuel pour les scrutins à venir semble plus urgente que jamais, au risque de fragiliser davantage la démocratie togolaise .
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