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Disparition à Lomé : l’activiste René Missode Koffi effacé dans le silence, l’OMCT tire la sonnette d’alarme

Disparition à Lomé : l’activiste René Missode Koffi effacé dans le silence, l’OMCT tire la sonnette d’alarme

Le Togo est secoué par une affaire qui fait déjà grand bruit. L’activiste René Missode Koffi, plus connu sous le pseudonyme « A votre avis », a disparu depuis le 22 août après avoir été extrait de sa cellule disciplinaire à la prison civile de Lomé par des hommes en civil identifiés comme des agents de sécurité. Une semaine plus tard, son sort reste mystérieux. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains (OMCT) dénonce une « disparition forcée » et exige des autorités togolaises des réponses immédiates. Ce nouvel épisode ravive les craintes d’une répression systématique contre les voix dissidentes dans un pays déjà marqué par les arrestations arbitraires et les manifestations réprimées.

Selon des informations relayées par le Centre de Documentation et de Formation aux Droits Humains (CDFDH), membre du réseau OMCT, l’activiste a été conduit vers une destination inconnue, sans que ses proches ni ses avocats n’aient été informés.

Un créateur de contenu engagé contre la répression

René Missode Koffi s’était imposé ces dernières années comme une voix critique à travers ses vidéos diffusées en ligne sous le nom « A votre avis ». Ses interventions ciblaient notamment la répression de la jeunesse et l’absence d’alternance démocratique au Togo.

Depuis sa détention, il avait continué à faire entendre sa voix en lançant le mouvement « Justice pour les Prisonniers Politiques et les Prisonniers de Liberté Publique » (JPPP/JPLP). Le 18 août, avec d’autres codétenus, il avait annoncé une grève de la faim illimitée à partir du 27 août, pour dénoncer leurs conditions de détention et réclamer leur libération.

Un activiste déjà ciblé par les autorités

Ce n’est pas la première fois que René Missode Koffi fait l’objet d’un enlèvement. En juin dernier, il avait été interpellé alors qu’il animait un direct sur TikTok dénonçant la répression des manifestations. Détenu au secret plusieurs jours, il aurait subi des actes de torture avant d’être inculpé pour « trouble aggravé à l’ordre public », « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « incitation à la révolte ».

Sa détention à la prison civile de Lomé, à partir du 9 juillet, s’inscrivait déjà dans un climat tendu, marqué par une série d’arrestations d’opposants et d’activistes.

Des zones d’ombre et des inquiétudes persistantes

Le 25 août, ses proches se sont rendus à la prison civile de Lomé et affirment avoir appris, de manière officieuse, que René Missode Koffi aurait été transféré vers la gendarmerie du carrefour Bodjona, où se trouvent les locaux du Service central de recherches et d’investigation criminelle (SCRIC). Toutefois, aucune confirmation officielle n’a été donnée, accentuant les inquiétudes sur son sort.

L’OMCT dénonce une situation qui s’apparente à une disparition forcée et réclame des autorités togolaises des clarifications immédiates.

L’appel pressant de l’OMCT

Dans son communiqué, l’Observatoire « condamne fermement » cette nouvelle disparition et appelle les autorités à révéler sans délai le lieu de détention de René Missode Koffi. L’organisation demande sa libération immédiate et sans conditions, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de son enlèvement présumé.

L’OMCT exhorte également le gouvernement togolais à inscrire dans son droit national la criminalisation de la disparition forcée et à garantir le respect des libertés d’expression et d’association, telles qu’elles sont prévues par la Constitution de 2024 et les traités internationaux ratifiés par le Togo.

Un climat politique marqué par la répression

Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement tendu. En juin, le pays a connu une vague de manifestations contre la vie chère et les arrestations arbitraires, durement réprimées selon plusieurs ONG locales et internationales.

La disparition de René Missode Koffi, figure montante de la contestation citoyenne, illustre une fois de plus la fragilité des droits humains au Togo et relance le débat sur la place de la liberté d’expression dans un pays où toute voix critique semble étroitement surveillée.

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