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Dette électrique : le Togo doit des millions au Nigeria… pendant que des géants industriels paient l’électricité à prix cassé

Dette électrique : le Togo doit des millions au Nigeria… pendant que des géants industriels paient l’électricité à prix cassé

Alors que des pannes techniques étaient jusque-là évoquées au Nigeria pour expliquer les perturbations dans la fourniture d’électricité, un récent rapport de la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) vient apporter un nouvel éclairage sur la situation.

Selon ce document couvrant le troisième trimestre 2025, le Togo, le Bénin et le Niger cumulent une dette de 17,8 millions de dollars envers le Nigeria pour de l’électricité fournie par des producteurs nigérians.

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Une dette régionale dans un contexte budgétaire sensible

Convertie au taux estimatif de 575 FCFA pour un dollar, cette ardoise représente plus de 10 milliards FCFA. Une révélation qui intervient dans un contexte délicat pour les finances publiques togolaises, marqué par des tensions liées à la loi de finances 2026 et à un niveau d’endettement déjà jugé préoccupant par certains observateurs.

Si la part exacte du Togo dans cette dette régionale n’est pas détaillée dans le rapport, un autre chiffre attire l’attention : le montant des avantages tarifaires accordés à certaines grandes entreprises opérant dans le secteur extractif.

Des tarifs préférentiels controversés

D’après le Rapport d’activité 2023 de l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Électricité (ARSE), trois sociétés minières – Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT), WACEM et SCANTOGO Mines – bénéficient depuis leur transfert de la Communauté Électrique du Bénin (CEB) vers la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) de conditions tarifaires avantageuses.

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En 2023, ces trois entreprises auraient consommé 205,92 GWh, soit plus de 10 % de la consommation nationale. Or, le tarif de vente qui leur est appliqué – fixé à 71 FCFA/kWh après un premier trimestre à 65 FCFA/kWh – reste largement inférieur au tarif d’achat de 119,50 FCFA/kWh.

Résultat : le manque à gagner pour l’État, assimilable à une subvention implicite, est estimé à près de 9,99 milliards FCFA pour la seule année 2023.

Un déséquilibre dénoncé par le Nigéria

Ce montant représente, à lui seul, l’équivalent de près de 98 % de la dette régionale cumulée évoquée par la NERC. En d’autres termes, les ressources perdues à travers ces tarifs préférentiels auraient théoriquement pu permettre de couvrir une part significative de l’ardoise énergétique.

Pendant ce temps, les ménages et les petites entreprises continuent de payer leur électricité à des tarifs plus élevés, dans un contexte de pouvoir d’achat contraint. Cette situation alimente les critiques sur une possible « ségrégation énergétique » entre grands industriels et consommateurs ordinaires.

Entre compétitivité industrielle et équité sociale

Les autorités justifient généralement ces avantages par la nécessité de préserver la compétitivité des industries extractives, considérées comme stratégiques pour l’économie nationale. Certaines conventions d’investissement, notamment pour SCANTOGO Mines, prévoient d’ailleurs des conditions négociées à l’avance.

Toutefois, le débat reste ouvert sur l’équilibre entre attractivité économique, justice tarifaire et soutenabilité budgétaire.

À l’heure où la question de la dette énergétique régionale refait surface, la gestion des subventions implicites et des tarifs préférentiels pourrait bien devenir un enjeu central du débat public au Togo.

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