Actualités
Conseil des ministres du 25 février : voici le compte rendu
Réuni le 25 février 2026 à Lomé sous la présidence du chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, le Conseil des ministres a planché sur plusieurs dossiers majeurs touchant à la culture, à la justice, à l’inclusion financière et aux relations extérieures. À l’issue des travaux, un projet de loi et un décret ont été adoptés, tandis que quatre communications ont été présentées aux membres du gouvernement.
Table of Contents
Une réforme en profondeur du cadre légal du patrimoine culturel
Le gouvernement engage une modernisation ambitieuse de la législation encadrant le patrimoine culturel national. Le texte adopté vient actualiser une loi vieille de plus de trois décennies afin de l’adapter aux réalités contemporaines et aux standards internationaux.
Parmi les évolutions notables figurent l’intégration explicite du patrimoine immatériel — traditions orales, savoir-faire, expressions artistiques — ainsi que la prise en compte du patrimoine subaquatique. Le nouveau dispositif renforce également la protection des droits liés aux œuvres littéraires et artistiques.
En alignant le cadre national sur les conventions de l’UNESCO, l’exécutif entend à la fois préserver l’identité culturelle du pays et structurer un secteur créatif capable de générer de la valeur économique et touristique.

Magistrature : cinq promotions au sommet de la hiérarchie
Sur le plan judiciaire, le Conseil a validé l’admission de cinq magistrats au grade hors hiérarchie, l’échelon le plus élevé de la carrière. Cette décision, prise conformément aux textes en vigueur et après avis du Conseil supérieur de la magistrature, consacre des parcours professionnels complets au sein de l’appareil judiciaire.
Inclusion financière : des résultats solides, mais des défis persistants
Le bilan 2025 du Fonds national de la finance inclusive (FNFI) met en lumière l’ampleur des efforts consentis en matière d’accès aux services financiers.
Depuis sa mise en place, le mécanisme a permis de mobiliser des centaines de milliers de crédits en faveur des couches vulnérables, avec une forte proportion de femmes bénéficiaires. Pour la seule année 2025, plusieurs dizaines de milliers de prêts ont été accordés, principalement pour soutenir des activités génératrices de revenus et des très petites et moyennes entreprises.
La région des Savanes figure parmi les principales zones bénéficiaires. Malgré un taux de remboursement jugé satisfaisant, le gouvernement reconnaît l’existence d’impayés qui fragilisent certains partenaires financiers. Des actions de recouvrement ont toutefois permis d’améliorer la situation.
Pour les prochains mois, l’accent sera mis sur l’éducation financière, la digitalisation des services et le renforcement des mécanismes de garantie afin d’accroître l’impact social du dispositif.
LIRE AUSSI : Frontière maritime : Lomé réagit à la saisine d’un arbitrage international par Accra
Biens culturels à l’étranger : vers une stratégie nationale de restitution
Autre dossier sensible abordé : la restitution des biens culturels togolais conservés hors du territoire national. Des milliers d’objets — artefacts, archives audiovisuelles ou encore restes humains — seraient aujourd’hui répartis dans des musées et institutions étrangères.
Face à cet enjeu mémoriel et identitaire, le gouvernement prévoit la création d’un comité national chargé de structurer la démarche de restitution. Cette initiative s’inscrit dans un mouvement international plus large visant à rendre aux pays africains des pièces majeures de leur patrimoine.
Soutien à la création artistique
Le Conseil a également donné son feu vert au lancement d’un nouvel appel à projets du Fonds national de promotion culturelle (FNPC). L’objectif est de soutenir la production et la diffusion d’œuvres artistiques, tout en professionnalisant davantage le secteur.
Doté désormais d’organes de gouvernance opérationnels, le fonds devra fonctionner selon des critères de transparence et d’équité dans la sélection des projets.
Frontière maritime : Lomé maintient sa ligne diplomatique
Enfin, les ministres ont été informés de l’évolution du différend maritime opposant le Togo au Ghana. Après plusieurs années de discussions bilatérales marquées par des avancées techniques, Accra a décidé de recourir à une procédure d’arbitrage international en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
Les autorités togolaises réaffirment leur attachement au règlement pacifique des différends et au respect du droit international. Tout en privilégiant une approche juridictionnelle reconnue, le gouvernement assure qu’il défendra les intérêts souverains du pays par les voies légales appropriées.
À travers ces différentes décisions, l’exécutif affiche une volonté de consolidation institutionnelle et de modernisation, avec en toile de fond la préservation du patrimoine, le renforcement de la justice, l’inclusion économique et la défense des intérêts nationaux.
Rejoindre notre communauté WhatsApp pour ne rien manquer.

