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Cancer au Togo : plus de 3 000 morts chaque année, la Ligue nationale appelle à l’action
La Ligue togolaise contre le cancer (LTC) a lancé, lundi, un cri d’alarme à l’occasion du lancement de la campagne « Octobre Rose », dédiée à la lutte contre le cancer du sein et les cancers féminins. Selon les chiffres communiqués par l’organisation, plus de 5 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés chaque année au Togo, causant plus de 3 000 décès, soit en moyenne huit morts par jour.
La moitié de ces victimes sont des femmes. Le cancer du sein arrive en tête des pathologies les plus meurtrières, représentant 27 % des cas détectés et la première cause de mortalité féminine, suivi du cancer du col de l’utérus.
Des chiffres qui font froid dans le dos
Les statistiques de la LTC illustrent une réalité préoccupante : 973 cas de cancer du sein sont recensés chaque année, pour 584 décès. Quant au cancer du col de l’utérus, il touche 511 femmes et cause 334 morts chaque année.
Face à cette situation, Stéphane Doméfa Awuity, président de la Ligue togolaise contre le cancer, appelle à un sursaut collectif.
« Même si la lutte a avancé ces dernières années, nous avons encore du chemin à faire. Nous devons franchir un cap qualitatif pour que le Togo rejoigne le niveau d’engagement d’autres pays de la sous-région », a-t-il déclaré.
Le Togo invité à s’inspirer des voisins de la sous-région
Le président de la LTC cite plusieurs exemples inspirants : le Sénégal, qui a équipé ses hôpitaux publics en appareils de radiothérapie, ou encore le Ghana, le Burkina Faso et le Bénin, qui ont renforcé leurs dispositifs de prise en charge des cancers.
« Le Togo peut gagner cette bataille, nous le pouvons. Si d’autres pays ont pu agir et innover, le Togo n’est pas un mauvais élève », a ajouté M. Awuity.
Des recommandations pour inverser la tendance
Pour faire reculer la maladie, la Ligue propose plusieurs mesures concrètes :
- La création d’un Fonds national de solidarité contre le cancer, financé par l’État et ses partenaires ;
- La subvention complète du traitement des cancers pédiatriques ;
- La gratuité ou la réduction du coût du dépistage, actuellement assuré à tarif réduit grâce à des actions bénévoles ;
- L’inclusion de la chimiothérapie dans l’Assurance Maladie Universelle (AMU), alors que chaque séance coûte entre 300 000 et 500 000 francs CFA, et qu’un patient nécessite en moyenne dix séances.
Des signes d’espoir
Les responsables de la LTC ont récemment été reçus par le ministre de la Santé, qui a pris connaissance de leurs propositions et exprimé sa volonté d’agir.
« Nous avons été rassurés. Nous devons faire quelque chose et nous pouvons y arriver », a affirmé Stéphane Doméfa Awuity.
À travers cette campagne « Octobre Rose », la Ligue espère mobiliser toute la société togolaise — pouvoirs publics, entreprises, associations et citoyens — pour transformer l’indignation en action et sauver des vies.
